Margrethe Vestager

Le 2 juillet

Le Conseil européen a donc retenu la candidature de Ursula von der Leyen mais a proposé que Margrethe Vestager soit nommée vice-présidente de la Commission… attendons le 16 juillet pour le verdict du Parlement. Notons aussi que les Italiens souhaitent que le commissaire qu’ils vont proposer soit en charge de la concurrence… à suivre.

Mercredi 26 juin

La nouvelle première ministre danoise, la social-démocrate Mette Frederiksen a souhaité que Margrethe Vestager soit reconduite comme commissaire pour les cinq prochaines années. L’article de Politico qui fait part du soutien du nouveau gouvernement danois cite l’opinion de Donald Trump :

  “Vous avez une femme en Europe, je ne cite pas son nom, on parle d’elle pour succéder à Jean-Claude Juncker… elle exècre les Etats-Unis plus que toute autre personne que je n’ai jamais rencontrée. Ce qu’elle fait à notre pays, elle poursuit toutes nos sociétés”. 

Jeudi 20 juin

Lors de la réunion au sommet pour aborder le problème de l’affectation des postes dans les instances européennes, la présentation de Margrethe Vestager comme Spitzenkandidatin a été probablement fatale à sa candidature.

La presse internationale la voyait vainqueur de la compétition

Margrethe Vestager

Voir Le Moment de Vérité sur TF1 avec une reportage sur Magrethe Vestager

Mercredi 29 mai

D’après de nombreux articles de la presse internationale ce matin, je déduis qu’on a trouvé une bonne motivation pour consoler Manfred Weber : “il fallait que ce soit une femme”. Et ce sera nécessairement une femme pour qu’on n’ait pas à mettre en avant d’autres raisons.
Il paraît qu’Emmanuel Macron aurait déclaré qu’à la tête de la Commission il fallait une personne charismatique et un journaliste de Politico d’observer que ce n’était pas le qualificatif qui venait directement à l’esprit lorsqu’on parlait de Manfred Weber.
Le chef du gouvernement danois Lars Løkke Rasmussen, opposant en politique nationale à Margrethe Vestager, lui a apporté son plein soutien pour la présidence de la Commission, c’est un élément important.
De son côté la leader des Verts allemands Ska Keller a considéré que Magrethe Vestager était la Spitzenkandidatin de son groupe donc qu’il n’y avait pas contradiction entre le soutien à Margrethe Vestager et le principe du Spitzenkandidat…

Mardi 28 mai 2019

Dans une interview au quotidien économique allemand Handelsblatt, Margrethe Vestager affirme avec force sa candidature et conteste la légitimité de Manfred Weber en affirmant que les électeurs ont voulu aussi briser d’autres monopoles.

Le plus surprenant c’est le vote à distance exprimé par les lecteurs du Handelsblatt sollicités pour exprimer leurs préférence (8 h du matin) :

  • Manfred Weber 26%
  • Frans Timmermans 21%
  • Margrethe Vestager 36%
  • Un autre : 10%

Une longue interview sur Arte mais ce matin (28 mai) elle a dit en français “C’est magnifique” car ses vacances dans la maison du couple à l’île d’Oléron lui ont tout de même permis de faire quelques incursions dans notre langue. En la matière il faut dire que le champion c’est Frans Timmermans.

Le portrait de Margrethe Vestager sur le site du Point

Vendredi 18 mai 2019

Jamais les chances de devenir présidente de la prochaine Commission n’ont été aussi élevées pour la Danoise. Un article du Monde daté du 18 “Les nouvelles aventures de la Commissaire Margrethe Vestager” en fait une excellente présentation. Comme cet article a été rédigé avant que des dépêches laissent entendre que l’Allemagne serait opposée à la désignation de Michel Barnier, les chances de la commissaire à la concurrence sont décuplées.

Une Commission dirigée par elle aurait un tonus semblable à celle de Jacques Delors.

Née le 13 avril 1968 à  Glostrup (municipalité du département de Copenhague, dans l’est de l’île de Seeland). Ses parents étaient pasteurs luthériens. Mariée à un professeur de mathématiques, elle est mère de trois filles.

Suite à des études d’économie à l’université de Copenhague, elle entre au Ministère des Finances. Elle adhère au Parti social-libéral danois (RV).

Le 23 mars 1998, elle est nommée ministre de l’Éducation et ministre des Affaires ecclésiastiques, dans le gouvernement de centre gauche de Poul Nyrup Rasmussen. Elle perd ce dernier poste, à l’occasion d’un remaniement ministériel le 20 décembre 2000.

Février 2019 : Margreth Vestager, star de la Commission

Le 20 mars, elle a déclaré publiquement sa candidature à la tête de la Commission et a été nommée dans l”équipe Europe” constituée par ALDE.

A la Commission européenne

Présentée comme la « star de Bruxelles », elle est chargée de dossiers impliquant des géants mondiaux comme Starbucks, Google et Gazprom. Elle lance contre ce dernier une procédure pour non-respect de la législation sur les cartels et les abus de position dominante.

Se présentant comme centriste, ni dirigiste, ni libérale, elle lutte contre la « loi de la jungle » qui permet à de grands groupes internationaux d’échapper à l’impôt dans leur pays d’origine. Ils installent leurs sièges dans des paradis fiscaux et négocient des conditions fiscales spécifiques avec des petits pays. En conséquence, la presse internationale la présente comme « La femme qui fait trembler les grands » ou encore la « Dame de fer face aux Gafa ». Google, Apple, Gazprom, Amazon et autres.

La concurrence qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit.

Débat du 15 juin 2015 à l’Université Paris Dauphine avec Margrethe Vestager et le Ministre Emmanuel Macron.

Éloge de Margrethe Vestager par des économistes

Elie Cohen écrivait dans le Bulletin Telos du 2 septembre 2016, après la décision concernant Apple.

Il est rare d’avoir à célébrer, par les temps qui courent, l’utilité de l’Union Européenne, les vertus de la concurrence libre et non faussée, l’audace réformatrice de la Commission et le courage d’une commissaire… et pourtant c’est ce que la sanction de 13 milliards d’euros infligée à Apple pour aide d’État illégale nous invite à faire.

Enfin le courage d’une commissaire et la rigueur de son travail (trois ans d’enquête) ont permis de mettre en échec des armées de juristes et de lobbyistes des multinationales. S’attaquer à la première capitalisation mondiale avec près de 500 milliards d’euros, mettre en cause le travail d’armées de financiers, de juristes et oser braver les services fiscaux américains n’était pas chose facile, la commissaire Vestager et le président Juncker ont osé.

Le dossier Alstom-Siemens est analysé par Elie Cohen dans Telos. En refusant la fusion entre les deux groupes ferroviaires, la commissaire européenne s’est attirée les foudres des gouvernements français et allemand, plusieurs estiment qu’elle a ainsi ruiné ses chances d’accéder à la tête de la Commission.

Sa conférence de presse.

Son point de défense est que les Etats confient à la Commission le soin de mettre en oeuvre les traités. Or les traités posent les règles d’une politique de concurrence et ne confient pas à la Commission le soin de mettre en oeuvre une politique visant à créer des champions mondiaux. On entend les eurosceptiques en profiter pour attaquer la Commission en illustrant leurs propos par l’affirmation qu’aujourd’hui Airbus ne serait plus possible. Au total on reproche à la Commission de ne pas exercer un mandat qu’on ne lui a jamais confié.

Un groupe de 45 économistes européens analyse pourquoi  la Commission européenne  a eu raison de refuser la fusion. Les Echos du 12-02-2019

La presse et Margrethe Vestager

La mission de la commissaire

L’OBS : 10 choses à savoir sur Margrethe Vestager, la commissaire européenne cauchemar de Google

Si tous les commissaires étaient comme elle, l’Europe redeviendrait à coup sûr une idée populaire”.

illibéral-up

 

Spread the love