Margrethe Vestager

Le 2 juillet 2019

Le Conseil européen a donc retenu la candidature de Ursula von der Leyen mais a proposé que Margrethe Vestager soit nommée vice-présidente de la Commission…

Mercredi 26 juin

La nouvelle première ministre danoise, la social-démocrate Mette Frederiksen a souhaité que Margrethe Vestager soit reconduite comme commissaire pour les cinq prochaines années. L’article de Politico qui fait part du soutien du nouveau gouvernement danois cite l’opinion de Donald Trump :

  “Vous avez une femme en Europe, je ne cite pas son nom, on parle d’elle pour succéder à Jean-Claude Juncker… elle exècre les Etats-Unis plus que toute autre personne que je n’ai jamais rencontrée. Ce qu’elle fait à notre pays, elle poursuit toutes nos sociétés”. 

Jeudi 20 juin 2019

Lors de la réunion au sommet pour aborder le problème de l’affectation des postes dans les instances européennes, la présentation de Margrethe Vestager comme Spitzenkandidatin a été probablement fatale à sa candidature.

La presse internationale la voyait vainqueur de la compétition

Margrethe Vestager

Voir Le Moment de Vérité sur TF1 avec une reportage sur Magrethe Vestager

Mercredi 29 mai 2019

D’après de nombreux articles de la presse internationale ce matin, je déduis qu’on a trouvé une bonne motivation pour consoler Manfred Weber : “il fallait que ce soit une femme”. Et ce sera nécessairement une femme pour qu’on n’ait pas à mettre en avant d’autres raisons.
Il paraît qu’Emmanuel Macron aurait déclaré qu’à la tête de la Commission il fallait une personne charismatique et un journaliste de Politico d’observer que ce n’était pas le qualificatif qui venait directement à l’esprit lorsqu’on parlait de Manfred Weber.
Le chef du gouvernement danois Lars Løkke Rasmussen, opposant en politique nationale à Margrethe Vestager, lui a apporté son plein soutien pour la présidence de la Commission, c’est un élément important.
De son côté la leader des Verts allemands Ska Keller a considéré que Magrethe Vestager était la Spitzenkandidatin de son groupe donc qu’il n’y avait pas contradiction entre le soutien à Margrethe Vestager et le principe du Spitzenkandidat…

Le portrait de Margrethe Vestager sur le site du Point

A la Commission européenne

Présentée comme la « star de Bruxelles », elle est chargée de dossiers impliquant des géants mondiaux comme Starbucks, Google et Gazprom. Elle lance contre ce dernier une procédure pour non-respect de la législation sur les cartels et les abus de position dominante.

Se présentant comme centriste, ni dirigiste, ni libérale, elle lutte contre la « loi de la jungle » qui permet à de grands groupes internationaux d’échapper à l’impôt dans leur pays d’origine. Ils installent leurs sièges dans des paradis fiscaux et négocient des conditions fiscales spécifiques avec des petits pays. En conséquence, la presse internationale la présente comme « La femme qui fait trembler les grands » ou encore la « Dame de fer face aux Gafa ». Google, Apple, Gazprom, Amazon et autres.

La concurrence qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit.

Débat du 15 juin 2015 à l’Université Paris Dauphine avec Margrethe Vestager et le Ministre Emmanuel Macron.

Éloge de Margrethe Vestager par des économistes

Elie Cohen écrivait dans le Bulletin Telos du 2 septembre 2016, après la décision concernant Apple.

Il est rare d’avoir à célébrer, par les temps qui courent, l’utilité de l’Union Européenne, les vertus de la concurrence libre et non faussée, l’audace réformatrice de la Commission et le courage d’une commissaire… et pourtant c’est ce que la sanction de 13 milliards d’euros infligée à Apple pour aide d’État illégale nous invite à faire.

Enfin le courage d’une commissaire et la rigueur de son travail (trois ans d’enquête) ont permis de mettre en échec des armées de juristes et de lobbyistes des multinationales. S’attaquer à la première capitalisation mondiale avec près de 500 milliards d’euros, mettre en cause le travail d’armées de financiers, de juristes et oser braver les services fiscaux américains n’était pas chose facile, la commissaire Vestager et le président Juncker ont osé.

Le dossier Alstom-Siemens est analysé par Elie Cohen dans Telos. En refusant la fusion entre les deux groupes ferroviaires, la commissaire européenne s’est attirée les foudres des gouvernements français et allemand, plusieurs estiment qu’elle a ainsi ruiné ses chances d’accéder à la tête de la Commission.

Sa conférence de presse.

Son point de défense est que les Etats confient à la Commission le soin de mettre en oeuvre les traités. Or les traités posent les règles d’une politique de concurrence et ne confient pas à la Commission le soin de mettre en oeuvre une politique visant à créer des champions mondiaux. On entend les eurosceptiques en profiter pour attaquer la Commission en illustrant leurs propos par l’affirmation qu’aujourd’hui Airbus ne serait plus possible. Au total on reproche à la Commission de ne pas exercer un mandat qu’on ne lui a jamais confié.

Un groupe de 45 économistes européens analyse pourquoi  la Commission européenne  a eu raison de refuser la fusion. Les Echos du 12-02-2019

La presse et Margrethe Vestager

La mission de la commissaire

L’OBS : 10 choses à savoir sur Margrethe Vestager, la commissaire européenne cauchemar de Google

Si tous les commissaires étaient comme elle, l’Europe redeviendrait à coup sûr une idée populaire”.

Une défaite provisoire : 15 juillet 2020

D’après L’Opinion du 16 juillet

Dans le dossier Apple, c’est l’Irlande elle-même qui a fait appel aux côtés du groupe américain contre la décision de la Commission européenne. Dublin cherche à protéger son régime fiscal qui lui a permis d’attirer des multinationales, même si les 14 milliards d’euros réclamés, en y intégrant les intérêts, auraient pu l’aider à faire face à la pandémie due au coronavirus. Le gouvernement pourrait faire l’objet de fortes critiques de la part des partis d’opposition pour avoir renoncé à cette somme alors que le déficit budgétaire devrait représenter jusqu’à 10% du PIB cette année.

Il est probable que la Commission va faire appel du jugement. En tout état de cause cette décision de première instance illustre les impasses de l’Europe intergouvermentale.  Dans l’état actuel du droit européen, les magouilles nationales l’emportent sur l’intérêt généra.

illibéral-up

 

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