La présidence de la Commission

Quelle procédure ?

Comment sera choisi le ou la titulaire de la Présidence de la Commission ?

La procédure du candidat chef de file (Spitzenkandidat) a été utilisée pour la première fois en 2014. C’étaient les  premières élections faisant suite à l’adoption du Traité de Lisbonne. L’article 17 § 7 alinéa 1 du TUE stipule en effet que le Conseil européen devra « tenir compte des élections au Parlement européen » avant de « proposer au Parlement européen un candidat à la fonction de président de la Commission »

Présidence actuelle
Jean-Claude Juncker

Dans la réalité, les partis avaient précédé la décision du Conseil et cinq avaient déjà désigné leur candidat.  Les partis europhobes n’ont pas désigné de candidat à la présidence d’une institution dont ils voulaient la suppression.

Jean-Claude Juncker avait été choisi par le Parti Populaire Européen et l’Alde avait désigné Guy Verhofstadt.

Le déroulement

Dans chacun des pays, les candidats aux élections européennes s’étaient en 2014 présentés devant les électeurs en disant que s’ils étaient élus, ils voteraient pour tel candidat au poste de Président de la Commission.  Le Conseil n’a pas osé désavouer les électeurs et c’est bien le candidat choisi par le parti arrivé en tête qui a été proposé par le Conseil au vote du Parlement.

Cette procédure avait fait débat et Valéry Giscard d’Estaing l’avait qualifiée de « coup d’état ».

Prenant les devants, le Parlement européen a, en février 2018, averti qu’il refuserait un candidat n’ayant pas été nommé chef de file.

Cependant semble se décider un autre scénario. Ce serait le choix par le Parlement européen d‘un candidat ou d’une candidate n’appartenant pas nécessairement au groupe parlementaire arrivé en tête mais le candidat ou la candidate obtenant le plus de voix dans une coalition. Or il faudra une coalition de trois ou quatre groupes pour faire une majorité !

Michel Barnier

On parle aussi de Michel Barnier, membre des LR en France et qui avait échoué à la présidence de la Région Auvergne Rhône-Alpes face à Laurent Wauquiez devenu président du parti et officiellement soutien de Manfred Weber, candidat du PPE.

C’est le 28 mai que les discussions ont véritablement commencé et le Conseil européen a chargé son président Donald Tusk de faire la tournée des capitales et des groupes au Parlement européen.

L’hostilité à la candidature de Manfred Weber touche non seulement de nombreux partenaires européens mais encore l’opinion publique allemande.  Ainsi un sondage publié dans le Ausburger Allgemeine montre que 59,1% des Allemands sont opposés à la désignation du candidat de la CDU/CSU, on peut supposer que ce sondage et d’autres, étaient sur la table des convives au repas du mardi 28. Enfin la déclaration (plus ou moins démentie) d’Angela Merkel considérant que Annegret Kramp-Karrenbauer n’est pas de taille à lui succéder rajoute à la confusion.

Dans un article du 31 mai et intitulé “Les grandes fonctions de l’Union européenne ont besoin des candidats les plus qualifiés“, le Financial Times aligne  Manfred Weber et  considère qu’il serait le président le moins expérimenté dans l’histoire de la Commission.  L’article signale aussi que certains pays seraient néanmoins disposés à le soutenir pour éviter que Jens Weidman soit à la tête de la BCE !

Le parti ALDE avait décidé de présenter non pas un Spitzenkandidat mais une équipe (Team Europe). La présentation en a été faite le 21 mars à Bruxelles en présence de leaders du Parti et de Premiers ministres.

Une page consacrée à Margrethe Vestager,  Commissaire européenne à la concurrence, fait le point sur la probabilité de succès de celle qui serait la première femme à accéder à la présidence de la Commission.

illibéral-up

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