Elections 2019

Dans un article du Figaro daté du 31 août,  Benjamin Haddad, chercheur en relations internationales au Hudson Institute observe que l’opposition entre Macron et Orban ainsi que Salvini n’est pas un danger mais une chance pour l’Union européenne. Le débat montre une confrontation politique et que le projet européen n’est pas une affaire d’experts entre eux.

L’Union européenne s’inspire, dans une large mesure, de la logique fonctionnaliste: la coopération technique entraînera la convergence politique. L’expertise remplace le conflit, le droit supplante la politique. 

Les élections prennent alors un sens nouveau.

Les prochaines élections.

Les élections européennes auront lieu le dimanche 26 mai 2019 en France mais peuvent avoir lieu à partir du 23 mai 2019 dans les pays où l’on vote un autre jour que le dimanche.

Voir le site de Toute l’Europe

Le site de la Fondation Robert Schuman consacré aux élections européennes

En France ces élections seront le premier scrutin après les présidentielles et les législatives de 2017 et vont avoir une portée considérable.  En effet,  l’opinion publique commence à comprendre que les élections européennes sont suivies de la désignation d’une nouvelle Commission, du changement de présidence du Conseil. Mais ce qui est important, c’est que l’opposition droite-gauche caractérise moins la structuration de la vie politique qu’autrefois. Ce changement concerne une opposition entre les tenants d’une société ouverte et les tenants d’une société fermée. Les choix politiques sont moins déterminés par l’appartenance à  des classes sociales que par le degré de formation et d’acquisition d’un diplôme. Le cas le plus spectaculaire a été celui du référendum britannique de 2016. Les titulaires de diplômes élevés ont voté massivement en faveur du maintien dans l’Union européenne. Inversement  les électeurs ayant un niveau de formation en dessous de la moyenne se sont prononcés en faveur du Brexit. Situation identique aux Etats-Unis dans le vote pour ou contre  Donald Trump.

Le nouveau clivage

Voir article dans Telos de Elie Cohen et Gérard Grunberg “L’affaiblissement avéré du clivage gauche-droite N°1“.  Second article sur le même sujet

C’est le nouveau clivage qui a fait l’objet  d’un ouvrage récent du spécialiste des sondages Jérôme Fourquet.

Elections et situation internationale.

Simultanément les politiques menées par la nouvelle administration américaine et dans une certaine mesure par la Russie, montrent que les rapports de force se substituent au niveau mondial aux rapports de droit. Face aux Etats-Unis, à la démographie africaine, à la montée en puissance de la Chine, le sentiment d’appartenance à l’Europe devrait se renforcer . Ceci cer  surtout en France où le Président de la République a fait de son attachement à la construction européenne, le caractère déterminant de son engagement politique. La célèbre débat du deuxième tour des présidentielles a renforcé dans les esprits, cette opposition entre société ouverte et société fermée. Dans les sondages d’opinion, le parti du président est identifié par ses partisans et par ses adversaires,  comme le parti de l’Europe.

élections clivage
Le Cerf Paris 2018

On voit poindre un clivage entre ceux qui auraient un rapport maîtrisé et apaisé à de la mobilité (c’est-à-dire ceux qui ne redoutent pas les flux migratoires, qui défendent le principe de libre circulation et qui pratiquent aisément la mobilité dans un cadre touristique, professionnel ou résidentiel) et ceux qui entretiendraient un rapport plus craintif et restreint ou contraint à la mobilité. Ces derniers voyagent moins, vivent souvent là où ils sont nés, sont inquiets voire opposés à la poursuite de l’immigration et souhaitent le retour des frontières nationales. La globalisation a en effet plusieurs visages. C’est bien entendu la mondialisation économique avec son lot de délocalisations, le développement du commerce international et la concentration des richesses dans les grandes métropoles. Mais c’est aussi l’accentuation des flux migratoires qui nourrit l’insécurité culturelle et le sentiment de ne plus reconnaître son propre pays.

Les confidences d’Alain Duhamel

Dans une longue intervieuw dans Les Echos, le journaliste politologue qui suit la vie politique française depuis les années 50 s’exprime sur la situation de l’Europe :

Je pense que le système européen connaît un moment de son histoire qui fait penser à celui qu’a traversé le système politique français en 1958, quand la IVe République, totalement dans l’impasse, voyait s’ouvrir deux voies devant elle, soit la désagrégation et ses risques pour la démocratie, soit la régénération gaullienne des institutions. Les Européens d’aujourd’hui sont un peu confrontés au même choix.

  1. Le nouveau cadre électoral
  2. Les perspectives selon les partis
  3. La présidence de la Commission
  4. La présidence du Conseil européen

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