Une Italie eurosceptique

Eurosceptique : celui qui croît que son pays seul résoudrait mieux les problèmes contemporains qu’intégré dans un ensemble européen.

Battibecco (prise de bec) diplomatique.

La France a donc rappelé son ambassadeur à Rome car le gouvernement n’avait pas apprécié qu’un vice-premier ministre vienne sans avoir averti les autorités françaises, pour rencontrer des figures de proue des gilets jaunes qui avaient appelé l’armée à renverser le Président de la République et le Gouvernement. Depuis des décennies des hommes politiques d’un pays se prononcent pour le succès électoral des candidats de leur famille politique dans un pays voisin et ceci est très bien admis. La visite de M. Di Maio se place dans un autre cadre.

Quant au rappel d’un ambassadeur, il y a eu d’autres cas.

Le seul côté positif de cette histoire est que la politique traverse de plus en plus les frontières. Maintenant la relation franco-italienne reste vive, l’Université de Turin, la mairie de Cuneo et des dizaines d’autres mairies ont mis des drapeaux sur leur fronton, en France cela devrait se produire aussi. En attendant les patronats italiens et français ont insisté sur le niveau des échanges entre les deux soeurs latines, échanges qui se traduisent par un excédent d’une dizaine de milliards d’euros pour l’Italie.

Un premier semestre qui s’annonce agité

Le 9 février aura lieu une manifestation syndicale unitaire: Cgil, Cisl e Uil contre le gouvernement du change rien (cambia-niente). Ceci a pour effet de mettre en colère Luigi di Maio qui veut régler des comptes avec les syndicats auxquels il veut retirer des moyens.

Aura-t-il plus de succès avec les gilets jaunes strasbourgeois en début de semaine du 14 janvier ?

En attendant sur le revenu de citoyenneté, sur les retraites, sur les grands travaux… les dissensions se font de plus en plus jour mais le chef du gouvernement Giuseppe Conte affirme au fil des jours le rôle qui doit être le sien avec l’appui du ministre de l’économie Giovanni Tria. La croissance quasi historique annoncée se traduit par un calme plat et une baisse de 2,6% de la production industrielle, les sondages commencent à s’effriter surtout pour le M5S mais la gauche fait pire.  A suivre

Croissance décevante

Lors de la mise en place du nouveau gouvernement un taux de croissance proche de 2% avait été prévu pour financer les dépenses nouvelles impliquées par les promesses électorales. L’ISTAT (Institut de statistique), la Banque centrale italienne et des think-tanks nationaux avaient émis de sérieux doutes sur la faisabilité d’une telle prouesse, également contestée par le FMI et les services de la Commission. Luigi di Maio avait répliqué “ce ne sont pas les technocrates qui déterminent le taux de croissance, c’est le peuple“.

Le 31 janvier, les statistiques sont tombées  pour le deuxième trimestre consécutif, l’Italie est en récession. Le commissaire européen Valdis Dombrovskis a déclaré qe c’était ce à quoi on pouvait s’attendre lorsqu’on provoquait l’incertitude pour les entreprises et les comptes publics.

Le mardi 12 février, le Président du Conseil s’exprimera devant le Parlement européen pour exposer ses analyses…

Venezuela

L’Europe face à la crise du Venezuela. L’Italie a mis son veto (3 février) à la prise de position de l’Union européenne, ceci à la fois pour s’opposer aux 27 autres et aussi pour manifester sa proximité avec la position russe.

Discours de fin d’année

C’est un magnifique discours que le chef de l’Etat a adressé à ses compatriotes pour la nouvelle année avec des messages peu voilés à la majorité au pouvoir. Si nous trouvons une traduction française nous la mettrons à votre disposition.

Nouvelles décembre.

Finalement il y a eu accord entre l’Italie et les services de la Commission pour ramener le déficit 2019 à 2,04%, immédiatement le taux de spread a baissé. Cela signifie aussi qu’un certain nombre de promesses intenables faites pendant et après les élections vont être abandonnées ou différées. Il faut dire aussi que l’Italie est aidée par la situation françaises car le déficit de la France sera (sauf miracle) nettement plus élevé que celui de l’Italie. Ce qui inspire à Matteo Salvini cette réflexion attachante qui, en d’autres temps, aurait provoqué un rappel de l’ambassadeur :

Il serait incroyable que l’on nous infligeât une procédure à un moment où Macron, président provisoire des Français, porte Paris à plus de 3%“.

La loi de finance a été votée in extremis à la veille du nouvel an, selon Gianni Trovati du grand quotidien économique Il Sole 24 Ore, elle signifie, plus d’impôts, moins d’investissements et mise en cause de la croissance.

Salvini se rendra en Pologne le 9 janvier pour rencontrer Kaczynski et mettre au point la stratégie de constitution du groupe souverainiste au Parlement européen.

 

Retour sur septembre

Billets 100.000 lires
Billets de 100.000 lires Source : Imagoeconomica

Lors de la rentrée de septembre 2018, l’Europe se retrouvait face au cauchemar italien pour reprendre le titre d’un article de Gabriel Grésillon dans Les Echos du 4 septembre.

En concentrant toutes les contradictions européennes, en faisant primer l’émotion sur la construction laborieuse d’un compromis, et en illustrant comment les nationalismes pourraient s’opposer jusqu’à défaire l’Union, l’Italie est désormais l’homme malade du continent. Avec les questions migratoire et financière, elle tient dans ses mains deux détonateurs. C’est à éviter leur déclenchement que Bruxelles va devoir consacrer cette rentrée à haut risque”

La Repubblica, C. Tito : « Le gouvernement de l’absurde » :

« Cette majorité semble désormais être une compagnie du théâtre de l’absurde. Elle avait déclaré être le gouvernement du peuple et avait promis de résoudre tous les problèmes du ‘’peuple ‘’ ainsi que la fin de la pauvreté. Et maintenant Salvini affirme : « Je suis convaincu que si le spread monte, les Italiens seront prêts à nous donner un coup de main ». C’est-à-dire qu’il demande de l’argent aux citoyens. Salvini et Di Maio n’arrivent pas à trouver des solutions pour le pays et ils demandent de l’aide et s’attendent à que les citoyens ouvrent leurs tirelires. Les mesures de la loi des finances ont été rejetées par toutes les instances internationales mais surtout par les instances nationales. La vérité est que l’équipe du président du Conseil Conte ne sait plus quoi faire. Fondamentalement le budget n’existe toujours pas et la loi des finances doit être présentée d’ici cinq jours. Il existe un sens d’irresponsabilité qui enveloppe les protagonistes de ce drame. Voilà donc la condition que notre pays vit, notre gouvernement n’est plus crédible à l’étranger et même le ministre de l’Economie Tria, considéré jusqu’il y a dix jours une garantie pour les marchés, après avoir accepté le rapport déficit/PIB à 2,4 %, a perdu son rôle. L’UE va rejeter, elle aussi, la loi des finances du gouvernement comme la Banque d’Italie et le bureau des comptes du Parlement l’ont déjà fait hier. Il ne s’agit pas d’un complot mais tous simplement de faits et de chiffres ».

L’impossible budget 2019

Voir article de Elie Cohen dans Telos “L’impossible équation italienne

La réponse du gouvernement italien à la notification de rejet du budget par la Commission.

M. Giannini commente l’histoire dans La Repubblica

 « La recherche de l’ennemi parfait » : « Mais oui, il a raison le ministre Tria : ‘’ Le taux de croissance n’est pas négociable  et donc nous défendons cette ligne de 1,5 % jusqu’à la mort ‘’. Ce chiffre est considéré comme « fou » par la Commission UE, le FMI, la BCE, les agences de rating, la Banque d’Italie, l’Istat, la Cour des Comptes, les marchés financiers et les marchés des quartiers. Mais les deux « jumeaux du déficit », Salvini et Di Maio, répondent méprisants ‘’ Je m’en fous ‘’. Et donc la réponse à Bruxelles est claire : le budget ne changera pas. Cette loi de finances est une soupe tiède qui ne s’adresse pas aux classes productives et qui ne donne rien aux jeunes, mais Salvini et Di Maio sont en train de l’utiliser pour rompre avec Bruxelles. Dans la course aux élections de printemps, l’Europe technocratique sera l’ennemi parfait de l’Italie souverainiste».

Le ministre autrichien des Finances Hartwig Loeger  a déclaré qu’il fallait contraindre l’Italie à respecter les engagements car un déficit excessif n’est pas un problème interne de l’Italie mais un problème européen. Le ministre néerlandais des Finances Wopke Hoekstra a tenu un langage identique en disant qu’il revenait à la Commission de mettre en place les dispositions prévues par les traités. 

Fin octobre

La préparation du budget 2019 a renforcé les inquiétudes sur l’avenir économique de l’Italie. Les déclarations agressives de Matteo Salvini selon lequel les règles absurdes de Bruxelles seraient abolies en mai prochain lorsque J.C. Juncker, Moscovici et autres seraient chassés du pouvoir, n’ont rien fait pour calmer l’atmosphère. Ceci s’est traduit le 18 octobre par une augmentation spectaculaire du spread qui avait dépassé le niveau 330. Des effets contagieux devaient être observés pour l’Espagne et la Grèce.

Dans le même temps la Banque d’Italie publiait une statistique montrant qu’entre mai et août, 10% des Bons du Trésor italiens détenus par des étrangers (un peu moins de 700 milliards) avaient été cédés. La presse économique observait que si le mouvement se prolongeait on pourrait atteindre des spreads de l’ordre de 400 et que le gouvernement serait obligé d’avoir recours à de nouveaux impôts.

Vendredi 19 octobre : Le sommet de l’euro assombri par le budget italien

Le 20 octobre l’agence de notation Moody’s a abaissé d’un cran la note des emprunts publics italiens. La note attribuée à la dette à long terme émise par Rome est ramenée à Baa3 contre Baa2; elle est assortie d’une perspective stable, c’est à dire  qu’elle écarte à court terme, le risque d’une dégradation supplémentaire. En effet un échelon en-dessous et la dette italienne serait classé dans la catégorie spéculative (junk bonds).

Jugement particulièrement sévère du chancelier autrichien… l’union des eurosceptiques n’est pas de tout repos. (son tweet)

Ich habe kein Verständnis für den Budgetvorschlag, der von #Italien nach #Brüssel eingemeldet wurde. Wir werden sicherlich nicht für die#Schulden und populistische Wahlversprechen anderer bezahlen.

Nous n’avons aucune compréhension pour le projet de budget  présenté par l’Italie à Bruxelles. Nous n’allons certainement pas payer pour les dettes et les promesses électorales populistes des autres.

Lettre du ministre de l’économie Giovanni Tria expliquant que l’Italie a bien conscience de ne pas respecter ses engagements mais qu’elle ne modifiera pas son projet de budget.

Les chiffres de la Commission début novembre montrent les grandes données de l’endettement et de son coût. Par tête d’habitant l’Italie a une dette de 40 401 euros, la France 35 506 mais la Belgique 40 995 , l’Irlande 41 6320 et l’Allemagne 24 624. Par contre en ce qui concerne la charge des intérêts payés par le pays, c’est avec 1 149 € par habitant que l’Italie détient le record : pour l’Allemagne 318, la Grèce 607, la France 648, la Belgique 859 et l’Irlande 1017. Ainsi un Grec paye pratiquement deux fois moins d’impôts qu’un Italien pour financer la dette de son pays.

Simultanément la détention de titre publics qui représentait plus de 20% du patrimoine des Italiens dans les années 90 est tombée à 7% selon la Banque d’Italie.

Eurosceptique et bouc émissaire

Dans les heures qui ont suivi la catastrophe de Gênes, Matteo Salvini a mis en cause la Commission européenne dont la rigueur budgétaire n’aurait pas permis les investissements nécessaires pas plus que de mettre les écoles aux normes de sécurité. Pour le responsable de la Lega, “le respect des normes budgétaires ne l’emporte pas sur la sécurité des Italiens”. De son côté Luigi di Maio s’en est pris aux camions polonais surchargés.

En régime populiste, le dogme de l’infaillibilité populaire exige, quand les choses vont mal, la désignation d’un bouc émissaire extérieur au système, d’où est censé venir tout le mal. Aujourd’hui, dans l’ensemble de l’Europe, ce sont les institutions européennes qui jouent ce rôle.

(Jacques Julliard Populisme, Europe et démocratie. Le Figaro 3 juin 2018)

Par respect pour les victimes, la Commission a attendu le jeudi 16 pour rappeler quelques vérités.

La commission européenne rappelle que de 2014 à 2020, l’Italie a reçu et recevra 2,5 milliards d’euros pour ses infrastructures. En outre, en avril dernier, la Commission a approuvé un plan de modernisation des autoroutes du pays d’une valeur de 8,5 milliards d’euros, y compris dans la région de Gênes. L’Italie pourra par ailleurs profiter du plan de stabilité et de croissance qui autorise plus de dépenses pour les investissements.

La Commission aurait pu ajouter que certaines années, des fonds structurels prévus pour l’Italie n’ont pas été utilisés faute de demande comme le rappelait en février 2018, le quotidien économique Il Sole 24 Ore.

Un pays eurosceptique… pas certain

Eurosceptique pays de Spinelli, de Giorgio Napolitano, de Romano Prodi, de Laura Boldrini , d’Emma Bonino et de combien d’autres ! Depuis plusieurs années, un éloignement se produit entre l’Italie et la construction européenne, éloignement causé par les difficultés économiques du pays et le relatif abandon dans lequel il a été laissé dans la crise des réfugiés.

Le Parlement  italien issu des élections de mars 2018 débouche sur un pouvoir politique eurosceptique qui a du mal à définir une politique claire  et indispose ses partenaires. Les diatribes entre Matteo Salvini et Emmanuel Macron font régulièrement la une de la presse.

Remarquons tout de même que l’eurosceptique Paolo Savona  que le Président de la République avait refusé comme ministre des finances a été nommé aux Affaires européennes où il a pratiquement fait un virage à 180° sur l’euro et les dossiers européens en général.

L’alliance rouges bruns italienne ne devrait surprendre personne par Yaschka Mounk. Ce très jeune professeur de Harvard a publié un livre dont la traduction française vient de sortir Le peuple contre la démocratie Editions de l’Observatoire Paris 2018

Voir article du professeur Marc Lazar : L’Italie vers la peuplocratie ? 

Egalement dans Entretien d’Europe n°98 de la Fondation Robert Schuman

Voir cette vidéo : sur une plage des militants de la Lega se transforment en milice pour faire la chasse aux Africains qui vendent des babioles mais il se font prendre à partie par les vacanciers qui les traitent de fascistes.

Des sondages encourageants

Le quotidien La Repubblica dans son édition du 22 septembre publie un article d’Ilvo Diamanti commentant un sondage montrant un retour de confiance envers l’Union européenne. Depuis le mois de mai, on retrouve les niveaux de 2010. Ce retour est particulièrement fort chez les partisans du Parti démocrate (67%) et chez les moins de trente ans (60%) .  Quant à la sortie de l’euro elle ne recueille que 25% d’opinions favorables avec 6% chez les électeurs du Parti démocrate mais 47% chez ceux du parti de Berlusconi (Forza Italia).

Le politologue italien a publié avec Marc Lazar chez Laterza
Popolocrazia. La metamorfosi delle nostre democrazie dont une traduction française devrait sortir début 2019. Il observe que les Italiens sont plus euro-cyniques que euro-sceptiques, il peuvent exprimer une certaine défiance entre l’union européenne mais dès qu’il s’agit de leur portefeuille les Italiens ne souhaitent pas le retour à la “liretta”, dévaluée à intervalles réguliers. On observe que les partisans de l’abandon de l’euro ne donnent guère de la voix dans le nouveau pouvoir. C’est une situation comparable à la situation française où le Front national avait  renoncé à mettre en avant un programme de sortie de l’euro majoritairement rejetée par ses propres électeurs.

Il faut donc que se constitue rapidement une force européiste pour affronter l’européenne des eurosceptiques, tel est le message d’Eugenio Scalfari dans La Repubblica du 23 septembre.

Sondage publié le 1er novembre dans La Repubblica

Ilvo Diamanti « Salvini dévore Di Maio. Le M5S recule à 27,6 %, première chute du gouvernement » : « Cinq mois après ses débuts, le gouvernement dirigé par Giuseppe Conte fait encore l’objet d’un consensus très élevé. Mais on commence à saisir des signes de préoccupation parmi les Italiens, ou plutôt de prudence. Le sondage de Demos le souligne  : le jugement positif est à 58 %, 4 points en moins par rapport aux mois précédents. Cette majorité a un visage bien défini : celui de Matteo Salvini, qui maintient 60 % de consensus personnel contre 53 % pour Di Maio. Les Italiens considèrent Salvini comme  le véritable chef du gouvernement ».

De plus en plus d’analystes estiment que Matteo Salvini provoquera en 2019 une chute du gouvernement pour procéder à des nouvelles élections et assumer le pouvoir directement avec Forza Italia et Fratelli d’Italia.

L’européenne des eurosceptiques est en marche !

eurosceptique-salviniC’est à dire s’unir pour organiser la désunion. Le quotidien turinois La Stampa du 2 juillet contient un article de Amedeo La Mattina à propos de la constitution d’une fédération souverainiste pour les élections européennes de 2019. C’est le projet de Matteo Salvini, présenté à Pontida, lieu sacré de la Lega afin de détruire l’Union européenne de l’intérieur.

“Nous sommes au pouvoir pour trente ans… Les élections européennes de l’année prochaine constitueront un référendum entre l’Europe des élites, des banques, de la finance, de l’immigration et de la précarité et l’Europe des peuples et du travail. Le projet consiste à faire une alliance internationale des populistes, terme qui pour moi est un compliment. Je pense que nous aurons la majorité»

Avec l’aide du Premier ministre hongrois, avec les Autrichiens Kurz et Strache, du Néerlandais Wilders, dans les prochaines semaines, Salvini  avait entamé une tournée en Europe en qualité de Ministre de l’Intérieur et de secrétaire de la Lega. Salvini veut conquérir le Parlement européen avec ses amis souverainistes et placer un de ses hommes dans la  future Commission.

Il est peu probable que les souverainistes soient majoritaires au futur Parlement européen et si Matteo Salvini propose un candidat commissaire de sa trempe, on peut lui souhaiter bonne chance pour obtenir le nihil obstat du Parlement européen. Un candidat commissaire est proposé par le Conseil et le Président élu de la Commission (art 17 § 7), il subit ensuite un “examen de passage” devant la commission compétente du Parlement et la Commission complète doit être approuvée par le Conseil européen statuant à la majorité qualifiée.

Le 24 août s’est tenu à Bruxelles une réunion de 12 des Etats-membres pour examiner une demande de l’Italie concernant les migrants bloqués sur le garde-côte Diciotto. A cette réunion, les alliés idéologiques de l’actuel gouvernement ne participaient pas pour une question de principe. Il sera difficile de faire cause commune avec ces amis, l’internationale des nationalistes est difficile à réaliser et l’Italie a connu un véritable Carporetto diplomatique.

Voir :  A la frontière autrichienne

Il faut révérer les anciens qui vous inspirent, Salvini et l’anniversaire de Mussolini.

Suivant plusieurs incidents visant des personnes d’origine africaine, la presse européenne se demande si l’Italie est devenu raciste.

Une démographie préoccupante

Suicide démographique. Pour la troisième année consécutive, la population italienne diminue. Pour les Italiens d’origine, la diminution est de 251.537 individus ce qui n’est pas compensé par l’immigration. Il y a près de 5 millions d’étrangers en Italie dont 23,1% sont des Roumains, suivi par les Albanais (8,6%). De ces données ont peut affirmer que le vieillissement de la population s’aggrave, l’Italie est le pays le plus vieux du monde après le Japon. Ce facteur explique en grande partie le désarroi politique actuel.  dans une telle situation pose une question fondamentale : le prélèvement auquel il faut procéder sur les actifs pour faire vivre une population aussi déséquilibrée est-il compatible avec la démocratie et la paix sociale ?

Une étude parue début décembre 2018 montre qu’un jeune diplômé italien gagne 66% de moins qu’un jeune diplômé allemand et 25% qu’un jeune diplômé français. Voilà qui explique une migration de cerveaux dans un pays à la démographie problématique.

Un commerce extérieur florissant

esportazioniAu cours de l’année 2017, le commerce extérieur italien a dégagé, hors énergie, un solde positif de 81 milliards d’euros et de 47 milliards énergie incluse  soit 8,282 avec l’UE et 47, 452 avec les pays hors UE. Ce solde est acquis principalement par la vente de biens d’équipement qui dégage un excédent de 46,588 milliards. Voilà des chiffres qui donnent tort à ceux qui affirment que l’euro est trop fort pour l’Italie. L’Italie exporte du fait de sa puissance industrielle et de sa pugnacité sur les marchés mondiaux.

Information

L’Ambassade de France en Italie publie chaque matin de jour ouvrable une excellente revue de presse en français. Pour la recevoir gratuitement, il suffit d’en faire la demande

 

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