Les Relations USA – EU

Une exception problématique

Le lundi 5 novembre sont entrées en vigueur les dispositions américaines interdisant l’importation de pétrole iranien mais en sont exemptés les pays suivants : Italie, Grèce, Chine, Inde, Turquie, Corée, Taiwan et Japon.  Voilà un sujet de plus à aborder lorsque Donald Trump va venir à Paris le 11 novembre. Bonne ambiance entre Européens.

Comprendre les Etats-Unis sous Donald Trump

Le commerce et la mise en question du multilatéralisme

Le commerce international avait été gravement perturbé entre les deux guerres à la suite de la crise de 1929. Ce commerce a été bloqué par une politique protectionniste américaine, politique symbolisée par la loi Hawley-Smoot promulguée en juin 1930,  qui augmentait les droits de douane de plus de 20.000 types de biens.  Les exportateurs vers les Etats-Unis répliquèrent par des mesures semblables ce qui aggrava la crise. Les importations américaines depuis l’Europe chutèrent de plus de 70% entre 1929 et 1932 et les exportations vers l’Europe de 66%.

Les règles de l’OMC

commerce-logoA l’issue de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis proposèrent la Charte de La Havane dont ii ne resta que l’Accord général sur les Tarifs douaniers et le Commerce (GATT) du 30 octobre 1947. Par des “rounds” successifs le désarmement douanier se généralisa et se développa la procédure d’arbitrage pour faire face aux différends commerciaux.

Le GATT a été inséré dans l’OMC (Organisation mondiale du Commerce) le 1er janvier 1995, cela n’a pas empêché certaines pratiques américaines, contestées par leurs partenaires.

Le multilatéralisme peut-il s’adapter ? (Jean Pisani-Ferry)

Assemblée nationale Rapport n°4082. Le rapport  Pierre Lellouche -Karine Berger sur l’extraterritorialité de la législation américaine.

Le commerce face au retour du nationalisme économique

commerce douaneDans un article très clair du quotidien Les Echos, l’économiste Augustin Landier nous décrit le crépuscule du supranationalisme.  On assiste à un retour du protectionnisme qui bien souvent dans l’histoire s’est terminé en catastrophe. Nous en extrayons le paragraphe suivant :

Que faire pour éviter que le regain nationaliste ne se métamorphose en prise de contrôle destructrice par des populistes dégagés du principe de réalité ? Certains pensent que cette période de malaise doit être l’occasion de renforcer le supranational : cela voudrait dire, par exemple, relancer l’idée européenne en allant au bout de la construction d’une zone euro stable, avec budget élargi, nouveaux mécanismes stabilisateurs, coopération dans le domaine de la défense. Pour cela, il paraît nécessaire d’améliorer considérablement la légitimation démocratique de l’échelon supranational en créant de véritables espaces de délibération démocratique à ce niveau. Si on n’y parvient pas, les malaises nationaux diront qu’en s’aggravant.

Et l’auteur nous invite à suivre aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence , la session consacrée au choc des nationalismes.

Cette légitimation démocratique passe-t-elle par l’élection au suffrage universel d’un Président de l’Europe ? C’est ce à quoi 70% des Français répondent oui dans un récent sondage.

Le commerce menacé par la présidence américaine

La politique américaine consiste à mettre fin au multilatéralisme pour privilégier des rapports de force bilatéraux.

Afin de bloquer la procédure d’arbitrage de l’OMC, le président Donald Trump n’a pas nommé des arbitres américains dans l’organe de règlement des différends, paralysant ainsi son activité.

Carlo Altomonte, professeur à l’Université Luigi Bocconi (Milan) dans Telos  Les guerres commerciales ne font que des vaincus

La réaction du groupe ALDE au Parlement européen

Guy Verhofstadt, leader du Groupe ALDE au Parlement européen. “Malheureusement ces initiatives [celles de Donald Trump] affaiblissent l’alliance atlantique. Au lieu d’imposer des droits punitifs sur leurs alliés les plus proches, Etats-Unis et UE devraient travailler de concert pour faire face aux pratiques  déloyales de la Chine.

commerce-commissaire
Cecilia  Malmström Commissaire chargée du commerce international et des accords commerciaux internationaux.

“We did not want to be in this position. However, the unilateral and unjustified decision of the US to impose steel and aluminium tariffs on the EU means that we are left with no other choice. The rules of international trade, which we have developed over the years hand in hand with our American partners, cannot be violated without a reaction from our side. Our response is measured, proportionate and fully in line with WTO rules. Needless to say, if the US removes its tariffs, our measures will also be removed.”

Nous sommes, nous Européens, les co-dépositaires d’un multilatéralisme international que je crois fort. Il nous appartient pour notre propre souveraineté d’en défendre la grammaire, de ne pas céder et de n’être ni naïfs face à la concurrence déloyale ni faibles face à la menace de ceux qui ont parfois écrit ces règles avec nous. (Emmanuel Macron discours d’Aix-la-Chapelle).

«Nous sommes les acteurs de notre propre affaiblissement.» écrit Hervé Lorenzi dans Le Figaro.

Ambassadeur des Etats-Unis

Gordon Sondland dirigeant d’une chaîne hôtelière aux Etats-Unis a été confirmé par le Sénat fin juin, comme ambassadeur auprès de l’Union européenne. Il n’a aucune expérience diplomatique. Ses parents ont quitté l’Allemagne alors sous la domination nazie. Il n’est pas connu pour être un fanatique de Donald Trump tout en étant Républicain.

Au début de l’année 2017, il avait été question de nommer un certain Ted Malloch, professeur de business, ami de Trump et ancien banquier. Dans une interview à la BBC, il avait déclaré que l’euro était une monnaie vouée à disparaître dans l’année ou dans les dix-huit mois à venir. Concernant les négociations commerciales avec l’Europe il avait considéré qu’il n’y aurait peut-être bientôt plus d’Union européenne avec laquelle négocier. Un diplomate quoi ! Son accréditation étant improbable (Voir Sylvie Goulard interviewée par Isabelle Marchais dans L’Opinion du 21-02-2017), plus d’un an après le poste était vacant.

Jean-Claude Juncker à Washington

La discussion entre Jean-Claude Juncker et Donald Trump semble avoir abouti sinon à un accord tout au moins à un cessez-le-feu le mercredi 25 juillet.

Le Rafale est-il menacé ?

La presse se fait l’écho de l’impossibilité d’exporter le Rafale 

Donald Trump envisage d’interdire l’exportation vers l’Europe de composants électroniques qui sont indispensables à la construction du Rafale et à d’autres fleurons de nos industries. Au diable le libéralisme, il faut qu’immédiatement l’Europe organise et finance un programme de Recherche et Développement de substitution à ces importations, en coopération éventuelle avec d’autres pays.

 

commerce-up

 

Spread the love