Les Balkans

Jean-Claude Juncker

«Si nous voulons plus de stabilité dans notre voisinage, nous devons aussi offrir des perspectives d’élargissement crédibles aux Balkans occidentaux. Il n’y aura pas de nouveaux pays membres durant le mandat de cette Commission et de ce Parlement, parce que les critères d’adhésion ne sont pas remplis. Mais dans les années qui viennent l’Union européenne comptera plus de 27 membres. Pour tous les pays candidats à l’adhésion, une priorité absolue doit être donnée, dans les négociations, au respect de l’état de droit, de la justice et des droits fondamentaux ».

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, discours sur l’état de l’Union, 13 septembre 2017

Candidats : problématique

En laissant de côté la Turquie, il y a sept pays qui sont effectivement ou potentiellement candidats à l’adhésion à l’Union européenne. Cela porterait à 34 membres l’effectif de l’UE et dans les structures actuelles : 34 commissaires et une présidence tournante du Conseil de l’Union européenne qui confierait au même pays cette responsabilité, tous les 17 ans.

L’élargissement précédent de 2004 avait fait passer l’effectif de 15 à 25 membres à structure constante et pour beaucoup d’analystes europhiles ou europhobes, il était précipité et explique une bonne part des difficultés actuelles de l’Union. Cette analyse n’est  pas totalement fausse même si une part des difficultés actuelles est attribuable à deux pays fondateurs : les Pays-Bas et l’Italie.

Les candidats actuels

Voir sur le site de Toute l’Europe

Cinq pays sont des candidats officiels :

  • L’Albanie
  • Macédoine du Nord
  • Le Monténégro
  • La Serbie
  • La Turquie

Les demandes de ces pays ont été reconnues à Bruxelles et des dispositions ont été prises pour rapprocher ces pays de l’UE dans la perspective d’une future adhésion.  Le Président français a en avril 2018, déclaré à Strasbourg

Je ne défendrai un prochain élargissement que lorsqu’il y aura un approfondissement et une amélioration de notre Europe.

Cette position a été interprétée par les pays candidats comme une hostilité de la France à la venue des pays des Balkans fans l’UE.

Ce n’est probablement pas vérifié mais d’une part le fonctionnement à 31 pays dans le cadre institutionnel actuel est inimaginable et d’autre part le Président français sait que l’opinion publique française (et néerlandaise) y est défavorable. Le président des LR, Laurent Wauquiez veut en faire un thème de sa campagne des européennes 2019… il était Ministre des Affaires européennes lorsque la demande de négociations de certains Etats a été acceptée.

On peut estimer que l’exposé présenté fin juillet  2018 à Lisbonne donne une piste pour arriver à un montage juridique et politique acceptable. Cependant une réponse dilatoire de l’UE recèle de graves dangers, de même que le refus d’admettre la Bulgarie et la Roumanie dans l’Espace Schengen, c’est ce que nous montre une initiative chinoise.

N’oublions pas non plus les candidats potentiels  que sont la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo.

La position de la Commission

L’adhésion des Balkans occidentaux est un investissement dans la sécurité et la stabilité de l’UE, affirme Johannes Hahn, commissaire (autrichien) à l’élargissement. Dans une interview il remarque que tous les pays avancent, même si cela intervient à des rythmes différents. Le Monténégro et la Serbie sont actuellement en première place en termes d’ouverture de chapitres dans les négociations d’adhésion, avec respectivement 31 et 14 chapitres ouverts, sur un total de 35.

Notons que le Monténégro n’a pas de monnaie nationale et qu’il utilise l’euro tout en n’étant pas encore membre de l’UE, c’est aussi le cas du Kosovo.

Le 16+1

 

candidats 16+1Le 16+1 est une association de 16 pays d’Europe centrale et orientale dont 11 sont membres de l’Union européenne. C’est une initiative chinoise visant à intensifier la coopération entre 11 pays de l’UE et 5 pays des Balkans  (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Monténégro, Pologne, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Nouvelle Macédoine [nom provisoire]) en matière d’infrastructures de transport, de finance, de science, d’éducation et de culture.

Quelques jours après la fin de la présidence tournante de l’UE par la Bulgarie, s’est tenu à Sofia (6 et 7 juillet) la septième rencontre des chefs d’Etat et de gouvernements des pays de l’Europe Centrale et de l’Est avec la Chine « 16+1 ».  Avec la présence du Premier Ministre chinois Li Keqiang.

Viktor Orban : « Le centre de gravité de l’économie mondiale se déplace d’ouest en est ; bien qu’il y ait encore un certain déni de cette réalité dans le monde occidental, ce déni ne semble pas raisonnable. Nous voyons le centre de gravité de l’économie mondiale passer de la région de l’Atlantique à la région du Pacifique. Ce n’est pas mon opinion, c’est un fait ».

La route de la soie

La ligne ferroviaire Belgrade-Budapest est  construite et largement financée par la Chine, pour un coût total de 3,8 milliards de dollars,  elle a pour objectif de faire de cette voie la route principale par laquelle les produits chinois transiteront vers l’Europe depuis le port du Pirée.

Voici une illustration de cette route de la soie… une pénétrante à coup sûr.

 

illibéral-up

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