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Le siège de la BCE
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Le coup de tonnerre du 5 mai 2020

Webinar à suivre. La décision de la Cour constitutionnelle allemande (BVerfG) de Karlsruhe.

La Banque Centrale européenne prend note de la décision de la Cour et reste impliquée dans la poursuite de sa mission (5 mai 2020)

Le communiqué de presse de la présidence de la Commission européenne.  Sur cette page vous trouvez la version anglaise du communiqué, beaucoup plus explicite que la version française que vous pouvez retrouver également.

Pour comprendre la décision de la Cour, voici une analyse juridique minutieuse (Professeur Jacques Ziller) : l’insoutenable pesanteur du juge constitutionnel allemand.

De son côte, Wolfgang Schauble fait part de son inquiétude si chaque Cour constitutionnelle se met à juger l’action de la BCE la situation devient intenable (13 mai 2020) tout en estimant la décision de la Cour inévitable mais dangereuse.

Certains estiment que la survie de l’euro est menacée et qu’au-delà, le refus de l’Allemagne de participer à une solidarité financière ne permettra pas à la zone euro de se maintenir à moyen terme.

Les “Etats frugaux” et le projet européen par Peter Bofinger

Les défenseurs de la décision de la Cour (BVerfG)

Lard P. Feld “Le nouveau programme de la BCE sera le prochain sujet de Karlsruhe” (Les Echos du 12 mai 2020)

Dans une interview à la Frankfurter allgemeine Zeitung, le juge de la Cour constitutionnelle allemande se livre de manière très inhabituelle aux lecteurs. Pour lui la décision de la Cour est contraignante, il n’est pas étonné des réactions qu’elle a suscitées mais leur vivacité l’a surpris.

Du côté politique on note le soutien de Friedrich Merz contre une majorité d’élus CDU y compris Nobert Röttgen, le plus europhile des candidats à la chancellerie.

Suite et pas fin

25-05-2020 Gunther Krichaum  (MdB) président de la Commission des Affaires européennes au Bundestag a consulté des juristes allemands pour savoir ce qu’il fallait penser de la décision de la Cour constitutionnelle relative à la Banque Centrale européenne. Les avis sont très majoritairement négatifs et considèrent que la Cour a fait du n’importe quoi pour utiliser un langage non juridique. Il ne restera plus qu’à la Cour de sa satisfaire des explications de la Bundesbank ce qui lui permettra de changer d’avis sans perdre (trop) la face.

Le moment hamiltonien.

Alexander Hamilton portrait by John Trumbull 1806
Alexander Hamilton portrait by John Trumbull 1806 Public domain

Voilà une expression que l’on retrouve de plus en plus dans la presse allemande depuis mardi soir. Tout d’abord cela démontre qu’il y a en Allemagne une culture fédéraliste totalement inexistante en France. Hamilton c’était celui par lequel les dettes des États fédérés devenaient des dettes communes. En lisant donc la presse allemande et si comme nous, on reste un incorrigible optimiste, on a l’impression qu’avoir tiré, même partiellement, le verrou de la solidarité financière permet l’expression d’un acte de foi et d’espérance auquel on ne croyait plus. Olaf Scholz, vice-chancelier SPD et ministre des finances évoque explicitement une avancée fédérale de l’Europe, Manfred Weber président du PPE au Parlement européen suit la trace (a-t-il sollicité l’avis des élus français, rien n’est moins sûr), Alexander Dobrindt président du groupe CDU/CSU au Bundestag emboîte le pas et même Wolfgang Schäuble s’aligne, même s’il n’a guère le choix.

Les candidats

Armin Laschet
CDU

Quant à Armin Laschet, candidat bien placé pour prendre la tête de la CDU et succéder à Angela Merkel, il exprime son enthousiasme et demande au passage où se situe son concurrent Friedrich Merz.

On leur objecte “mais la décision de la Cour constitutionnelle qui condamne la politique de la BCE ?”  Ils répondent “la Bundesbank offrira quelques explications et la Cour se déclarera satisfaite ce qui lui permettra de changer d’avis sans perdre la face”. Cependant les opposants comme les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède, le Danemark semblent décidés, A cela les partisans répondent la Suède et le Danemark ne sont pas dans la zone euro quant à l’Autriche et les Pays-Bas, si l’Europe se divise sur le sujet, ces pays ne peuvent pas se permettre d’être dans un camp opposé à celui dans lequel se trouve l’Allemagne.

Bref on déconfine tous azimuts de l’autre côté du Rhin, il nous reste à attendre les justifications que certains trouveront en France pour s’opposer à une initiative qui devrait être favorable à leur pays. Faisons leur confiance, leur créativité au service de la malveillance est inépuisable. En attendant ne boudons pas notre plaisir.

Sandro Gozi salue l’accord Merkel-Macron

Excellente interview de Stéphane Séjourné chef de file des Français du groupe Renew.

Une longue interview de Wolfgang Schauble dans le numéro 2494 du Point (11 juin 2020) “j’ai l’espoir que la France se réforme”.

Un article de Klaus Bernhard Hofmann dans Telos sur Le rôle irremplaçable du couple franco-allemand (14 juin 2020)

Le ministre allemand des finances prône l’endettement pour favoriser la reprise économique (Euractiv 19 juin 2020)

Un webinaire sur la position de l’Allemagne à la veille de sa présidence du Conseil de l’Union européenne.

Participation de la Maison de l’Europe-Alsace (Strasbourg) et de la Maison des Européens (Lyon).

Mercredi 24 juin à 17h00

Inscrivez-vous via le site de la Maison des Européens de Lyon

Luc de Barochez journaliste correspondant du Point en Allemagne, réside à Francfort sur le Main. A travaillé également pour Le Monde et l’Opinion. Ses analyses sur l’Allemagne et les relations franco-allemandes sont souvent citées.
Ulrich Bohner a fait ses études à l’Université de la Sarre. Ancien Directeur exécutif du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe. Ancien président de la Mesa (Maison de l’Europe de Strasbourg -Alsace).
Claire Demesmay dirige le programme franco-allemand de l’Institut allemand de politique étrangère (DGAP) à Berlin. Elle est docteur en philosophie politique de l’Université Paris 4-Sorbonne et de la Technical University Berlin, et a reçu en 2016 le Prix parlementaire franco-allemand.
 

Françoise Diehlmann. Germaniste, a travaillé à Berlin comme enseignante et traductrice de 1978 à 1997, y compris à Berlin Est. Ancienne élue régionale en Ile de France.

Jacques Fayette. Professeur honoraire des universités. Consultant des Nations Unies (PNUD) en Corée, Angola, Tchad. A travaillé également pour la Commission européenne pendant plusieurs années. Militant fédéraliste depuis ses années d’étudiant.

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