Hongrie article 7

 

L’alliance Orban Salvini : unis par les barbelés

Le rapprochement entre les deux dirigeants est de plus en plus étroit comme le montre ce compte rendu publié par Le Figaro du voyage de Matteo Salvini en Hongrie le 2 mai. Le dirigeant hongrois  a ensuite déclaré qu’il ne soutiendrait pas la candidature de Manfred Weber à la tête de la Commission, prenant le risque de transformer la suspension de l’appartenance au PPE en rupture définitive.

Matteo Salvini a profité de son voyage pour visiter une des réalisations de Viktor Orban : le mur anti-migrants. Laurent Wauquiez et ses candidats aux élections européennes vont-il maintenir leur soutien ?

 

La roue tourne

Article 7

article 7 - Viktor Orban
Plénière du Parlement européen sur la Hongrie en présence du Premier Linistre

Article 7. L’article 7 du traité UE vise à garantir que tous les pays de l’UE respectent les valeurs communes de celle-ci, y compris l’état de droit. Le mécanisme de prévention prévu par l’article 7 du traité UE ne peut être utilisé qu’en cas de «risque clair de violation grave», tandis que le mécanisme de sanction prévu à l’article 7, paragraphe 2, du traité UE ne peut être activé qu’en cas de «violation grave et persistante par un pays de l’UE» des valeurs énoncées à l’article 2.

Le mécanisme de prévention autorise le Conseil à alerter le pays de l’UE concerné avant que la «violation grave» n’ait eu lieu.

Le mécanisme de sanction autorise le Conseil à suspendre certains droits dérivant de l’application des traités de l’UE dans le pays concerné, y compris le droit de vote de ce pays au sein du Conseil. La «violation grave» doit, pour cela, avoir perduré.

Une diatribe historique au Parlement européen

Viktor Orbán, sa défense et ses défenseurs

Un exposé parfaitement serein de l’historienne hongroise Maria Schmidt :

« L’Union européenne veut briser notre identité au nom de la démocratie »

L’intellectuelle voit dans la démocratie libérale européenne une « tentative d’ingérence étrangère ». (Le Monde 1er août 2018)

Le vote du 12 septembre 2018

Le Parlement applaudit Judith Sargentini (Gauche Verte, Pays-Bas) dont le rapport a convaincu la majorité du Parlement Européen. Ce rapport ne concernait nullement la politique hongroise en matière de réfugiés mais les manquements à l’état de droit, par exemple l’élimination d’une université qui ne plaisait pas au pouvoir.

La Bulgarie vole au secours de Orban

Le vice premier ministre Krassimir Karakachanov  a déclaré  que la procédure de l’article 7 équivalait à l’invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie en 1968.  Tout en nuances !

Le vote des députés français.

Selfie de Nadine Morano avec Viktor Orban
Selfie de Nadine Morano avec Viktor Orban

On voté contre : tous les députés FN (Jean-Marie Le Pen était absent). Au PPE  la consigne était de voter pour le rapport condamnant la Hongrie mais trois   eurodéputés ont voté contre ce rapport sur l’état de droit en Hongrie :  Angélique Delahaye, Nadine Morano et Franck Proust (chef de la délégation LR au sein du PPE), suivant ainsi la position de Laurent Wauquiez. En effet pour le président des Républicains “Viktor Orban a toute sa place au sein du PPE

Se sont abstenus : Michèle Alliot-Marie, Arnaud Danjean, Rachida Dati, Geoffroy Didier, Brice Hortefeux, Philippe Juvin

N’ont pas participé au vote :  Renaud Muselier et Maurice Ponga

On retiendra en revanche, la prise de position parfaitement claire de Françoise Grossetête, vice-présidente du PPE pouf laquelle “rien ne justifie les multiples violations de l’état de droit”.

Article de l’Express : le vote sur Orban divise la droite française.

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Finances italiennes

Les finances publiques moteur de la chute ?

Le fameux spread

Luigi de Maio

On n’étrangle pas les Italiens pour faire plaisir aux agences de rating

C’est comme dire on ne va pas prendre des antibiotiques pour faire plaisir au thermomètre.

La nouvelle loi de finance se trouve face aux factures des promesses électorales des vainqueurs : revenu de citoyenneté, impôt proportionnel (flat tax) etc… l’ensemble est estimé à 400 milliards .

Vendredi 31 mai 2019

Les taux d’intérêt sur les bons italiens à 5 ans dépassent maintenant les taux de la Grèce.

Les épargnants italiens se rebiffent

Finances - Bons du résor
Bons du Trésor

Les 19 et 20 novembre, le gouvernement italien avait émis son quatorzième emprunt (Btp) à quatre ans, souscrit par les épargnants individuels. En effet les Italiens ont une épargne privée considérable et Matteo Salvini a déclaré à plusieurs reprises compter sur ces épargnants pour épauler la politique du gouvernement.

Hélas il n’en est rien. Au mois de mai dernier la souscription s’était montée à 3,2 milliards, en novembre elle est descendue à 722 millions c’est à dire à des niveaux de la crise financière de 2012. Ce n’est pas un complot de “Bruxelles” ou de la finance internationale mais l’expression d’un manque de confiance des citoyens italiens. Or au cours de l’année 2019, il faudra trouver une somme située entre 55 et 60 milliards, ce ne sont pas les investisseurs étrangers qui vont souscrire et le gouvernement va se trouver dans une situation impossible soit en offrant des taux dévastateurs soit en ayant recours à l’emprunt forcé, politiquement dangereux.

Luigi di Maio déclarait que ce n’étaient pas les marchés qui dictaient la politique du gouvernement mais le peuple, la réponse est évidente c’est bien le peuple mais par les marchés.

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No deal

No deal – sans accord

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Liam Fox Portrait officiel

Liam Fox, le secrétaire d’Etat au Commerce international,  veut faire du Royaume Uni  une super puissance à l’exportation. Il le voit dépasser la France et l’Italie et talonner l’Allemagne. En attendant le RU est le pays d’Europe ayant le déficit commercial le plus important. On ne voit pas par quel mécanisme le miracle se produirait. Dans une interview au Sunday Times du 5 août,  Liam Fox estime à  “60-40”, la probabilité d’une sortie sans accord. Il en impute la responsabilité à la Commission européenne qui fait preuve d’une “obsession théologique” des textes et se préoccupe peu du bien être des peuples.

Il défend l’accord de Chequers et expose :

Si les Européens n’aiment pas la proposition que nous avons mise sur la table, alors il leur revient d’en formuler une que nous pourrions accepter“.

Liam Fox est un eurosceptique patenté mais il n’a pas quitté le gouvernement après l’accord de Chequers.

Un avis partagé par le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, qui s’est déclaré “préoccupépar le “vrai risque d’un Brexit sans accord” [Les Echos]. Même son de cloche de la part du  gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney,. Il se dit inquiet face au risque “désagréablement élevé” d’une sortie du Royaume-Uni “sans qu’un accord ait pu être trouvé sur les relations post-Brexit entre Londres et Bruxelles“. Il a employé le terme de chaos

Au cours du mois d’août 2018, un nombre croissant de déclarations et de documents va dans le sens qu’une sortie sans accord (no deal) est possible. Cette perspective inquiète beaucoup les acteurs économiques britanniques.

 

Le Royaume Uni doit nous quitter dans

No deal : l’ardoise

Le gouvernement britannique a commencé à publier 24 fiches sectorielles sur les 80 qu’il a préparées pour exposer les conséquences d’une sortie sans accord.

Gabriel Grésillon nous en donne un aperçu dans Les Echos datés du 23 août.

Un des domaines qui soulève beaucoup d’inquiétudes est celui de l’industrrie pharmaceutique. Les médicaments mis sur le marché das les pays européens peuvent entrer au Royaume Uni et vice-versa, cela sera terminé alors

Le système national de santé (NHS) prévient que des pénuries de médicaments pourraient survenir et suggère de détenir six semaines de stocks en prévision d’une absence d’accord.

Enfin on oublie qu’une des causes du “no deal” pourrait être l’absence d’accord du Parlement européen dont l’approbation est indispensable selon l’article 50 du Traité.  Roberto Gualtieri président de la Commission des affaires économiques et monétaires a prévenu que le texte de l’accord serait examiné dans les moindres détails.

Guy Verhofstadt (Président du groupe ALDE) est chargé de ce dossier et ses vues sont soutenues par une forte majorité à Strasbourg.

Pour lui le “no deal” c’est le chaos.

Salzbourg la ville de Mozart

Le compositeur, un des Européens les plus célèbres, n’a pas eu le temps de terminer son Requiem, Madame May n’aura peut-être pas le temps de terminer le sien non plus. Un “No deal” apparaît de plus en plus probable, quelles en seront les conséquences pour le Royaume Uni et l’UE ? Madame May a bien précisé qu’il n’y aurait pas de second référendum et pas de demande de prolongation du  calendrier des négociations.

Les 27 ont été unanimes pour estimer inacceptables les propositions britanniques, les Polonais on tenté légèrement de faire entendre une musique légèrement différente en pensant probablement au million de leurs compatriotes vivant au Royaume-Uni.

Le prochain congrès des Tories à Birmingham fin septembre va être sportif. A suivre.

 

 

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Bolzano : retour vers le passé austro-italien

Francesco Rossi

Bolzano. En 1970, Francesco Rossi produisait son film “Les Hommes contre” (Uomini contro) présentant un épisode particulièrement terrible de la guerre sur le front autrichien à partir du roman d’Emilio Lussu Un anno sull’Altipiano, paru en France sous le titre Les Hommes contre.

Il faudrait conseiller au chancelier Sebastian Kurz d’aller voir ou revoir ce film en compagnie de Matteo Salvini en cette année de centenaire.

Irrédentisme ou Sudètes mode 2018 ?

Le grand voisin du nord avec lequel l’Italie a eu quelques frictions avant et après le Risorgimento, s’est mis en tête de récupérer les territoires perdus par le Traité de Saint-Germain en Laye en 1919 et confirmés au Traité de Paris de 1947.

En 1960 la tension entre l’Italie et l’Autriche avait été portée devant les Nations-Unies qui avaient recommandé une large autonomie pour le Bolzano, ce qui a été mené à bien.

Une revendication intermittente

Le chancelier Sebastian Kurz veut, selon une promesse du vice chancelier Heinz-Christian Strache (Président du FPÖ) pendant la campagne électorale,  remettre des passeports autrichiens à des citoyens italiens germanophones de la province de Bolzano lesquels seraient alors titulaires de deux passeports. Une réunion avait eu lieu au mois de mars à Vienne à laquelle avaient été conviés les élus de la Région, cela n’avait pas du tout plu à Rome.  La double nationalité suppose un accord du gouvernement italien alors que le parti d’extrême-droite « Fratelli d’Italia » considère l’opération comme une annexion déguisée.

Depuis les choses sont en train de changer, comme Matteo Salvini trouve justifiée la récupération de la Crimée par la Russie, il peut trouver aussi justifiée la récupération du Bolzano (Sudtirol) par l’Autriche ?

Bolzano : prochaines élections

Bolzano zurück
C) photonews.at/Georges Schneider – Wien (Austria)) – 08.03.2018 Creative Commons

Il va y avoir à l’automne des élections dans la province autonome italienne de Bolzano et l’Autriche met les bouchées doubles pour adopter une loi qui permettra aux habitants germanophones de la province, d’obtenir la double nationalité, avec un passeport autrichien.  Ce projet de loi figure à l’ordre du jour du Parlement autrichien le 7 septembre. Selon la ministre de L’Intégration européenne et des Affaires étrangères de Vienne,  Karin Kneissl, il existe à ce sujet “un dialogue permanent avec Rome, en accord avec le Bolzano”.  Cette ministre militante du FPÖ fait parler beaucoup d’elle. Ce n’est pas l’avis du gouvernement italien qui définit cette initiative comme hostile et le ministre des Affaires étrangères de Rome,  Enzo Moavero Milanesi a demandé des éclaircissements à l’ambassadeur.

Karin Kneissl avait sans doute d’autres choses à penser ce 18 août, jour de son mariage avec Wolfgang Meilinger, un homme d’affaires multi-millionnaire., près de Graz. Elle avait même un invité devant lequel elle s’est pratiquement agenouillée avant de faire un tour de valse, pas très réussi sur le plan esthétique, ce que n’a pas manqué de commenter la presse viennoise.

Tu felix Austria nube commentait un bulletin britannique !

 

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