Parmi les 26 propositions il y avait 9 commissaires à rattacher au PPE, 9 aux socialistes, 5 à Renew Europe, groupe souvent désigné par le mot libéral, qualificatif infamant en France. S’ajoutent 1 Vert/ALE venu de Lituanie le plus jeune commissaire (28 ans) jamais désigné, 1 CRE (Eurosceptique) en provenance de Pologne, 1 indépendant.
Politiquement, les Verts avaient exigé de la future présidente quatre postes de commissaires pour qu’ils envisageassent de la soutenir lors du vote du 16 juillet 2019. Ils avaient perdu de vue que les propositions sont faites par les Etats. La présidente a un pouvoir de refus (Jean-Claude Juncker avait écarté six candidats) mais pas un pouvoir de proposition. En définitive, un seul apparenté Vert a été proposé, par la Lituanie.
Plus que lors de la constitution de la Commission précédente, on a assisté à la volonté des Etats et des parlements nationaux à intervenir. Dans certains pays on a voulu auditionner les candidats pour étudier quelle politique ils voulaient mettre en oeuvre. Voir cet article sur la désignation du commissaire belge Didier Reynders.
Le commissaire italien
Le 1er août Matteo Salvini (Ministre de l’Intérieur) avait annoncé qu’il proposerait un commissaire capable de gérer un portefeuille économique et de défendre l’intérêt des Italiens à Bruxelles… il n’est plus en mesure de proposer un candidat. La nouvelle majorité a été qualifiée, à l’initiative du Président du Conseil Giuseppe Conte, de “majorité Ursula”. C’est à dire qu’elle regroupe les partis dont les eurodéputés ont soutenu Ursula Von der Leyen.
Rappel : selon l’article 245 du Traité sur l’Union européenne : Les membres de la Commission exercent leurs fonctions en pleine indépendance, dans l’intérêt général de l’Union; en particulier, ils ne sollicitent ni n’acceptent d’instructions extérieures d’aucun gouvernement ou autre organisme.
Le Mouvement européen a fait réaliser par Viavoice au printemps 2020 un sondage sur la connaissance de l’Europe, les résultats sont accablants : 67% des répondants ne connaissent pas Mme Von der Leyen, présidente de la Commission, 77% ne connaissent pas Margrethe Vestager et 79% Frans Timmermans.
Le Président du Conseil européen lui est inconnu pour 76% des répondants, quant à Devid Sassoli, président du Parlement européen, il culmine à 84%.
Les Français sont un peu mieux traités avec Michel Barnier ignoré par 39% des répondants et Thierry Breton avec 47%.
Le seul sujet que les Français connaissent est le Brexit qui avait fait l’objet de nombreux traitements par l’émission C dans l’Air. Inversement cette émission très suivie n’a jamais traité des élections européennes ou de la constitution de la Commission.
Devant la plénière du Parlement européen, la Présidente Ursula von der Leyen a prononcé son premier discours sur l’Etat de l’Union. En cliquant sur ce lien, vous accédez à la version française de ce discours. Le discours original a été prononcé à 81% en anglais, 12% en allemand et 7% en français.
Au cours de ce semestre, l’Allemagne dirigée par Angela Merkel, préside le Conseil de l’Union européenne. C’est hélas un semestre traditionnellement difficile car amputé des vacances d’été, il se limite le plus souvent à quatre mois.
En outre, ce semestre est encore plus compliqué car la crise sanitaire n’est pas terminée. Les réunions présentielles seront plus difficiles mais les projets de la chancelière Merkel sont ambitieux. Angela Merkel veut réaliser une grande présidence et laisser une marque européenne avant de mettre fin à sa carrière politique en 2021.
Les deux correspondants des Echos à Bruxelles (Karl de Meyer) et à Berlin (Ninon Renaud) ont cosigné un article exceptionnel dans le numéro du 26 juin “Angela Merkel, six mois pour changer l’Europe“.
On observe que la Conférence sur l’Avenir de l’Europe figure au programme — chose que le Parlement européen et la société civile réclament depuis des semaines.
Berlin espère donc « que le Conseil, la Commission et le Parlement européen trouveront rapidement un accord sur la structure et le mandat de la conférence ». L’objectif est que cette conférence puisse démarrer ses travaux au plus vite.
Autre sujet un salaire minimum européen, en Bulgarie 200 euros, au Luxembourg 2000
Le discours qui est présenté est en langue originale. Cliquez sur OR pour trouver le discours traduit en langue française… mais ce n’est pas la voix de la chancelière !
Une interprétation de l’hymne européen au resto U par les étudiants en musique de l’Université d’Heidelberg.
Le Conseil européen a donc retenu la candidature de Ursula von der Leyen mais a proposé que Margrethe Vestager soit nommée vice-présidente de la Commission…
Mercredi 26 juin
La nouvelle première ministre danoise, la social-démocrate Mette Frederiksen a souhaité que Margrethe Vestager soit reconduite comme commissaire pour les cinq prochaines années. L’article de Politico qui fait part du soutien du nouveau gouvernement danois cite l’opinion de Donald Trump :
“Vous avez une femme en Europe, je ne cite pas son nom, on parle d’elle pour succéder à Jean-Claude Juncker… elle exècre les Etats-Unis plus que toute autre personne que je n’ai jamais rencontrée. Ce qu’elle fait à notre pays, elle poursuit toutes nos sociétés”.
Jeudi 20 juin 2019
Lors de la réunion au sommet pour aborder le problème de l’affectation des postes dans les instances européennes, la présentation de Margrethe Vestager comme Spitzenkandidatin a été probablement fatale à sa candidature.
D’après de nombreux articles de la presse internationale ce matin, je déduis qu’on a trouvé une bonne motivation pour consoler Manfred Weber : “il fallait que ce soit une femme”. Et ce sera nécessairement une femme pour qu’on n’ait pas à mettre en avant d’autres raisons.
Il paraît qu’Emmanuel Macron aurait déclaré qu’à la tête de la Commission il fallait une personne charismatique et un journaliste de Politico d’observer que ce n’était pas le qualificatif qui venait directement à l’esprit lorsqu’on parlait de Manfred Weber.
De son côté la leader des Verts allemands Ska Keller a considéré que Magrethe Vestager était la Spitzenkandidatin de son groupe donc qu’il n’y avait pas contradiction entre le soutien à Margrethe Vestager et le principe du Spitzenkandidat…
Présentée comme la « star de Bruxelles », elle est chargée de dossiers impliquant des géants mondiaux comme Starbucks, Google et Gazprom. Elle lance contre ce dernier une procédure pour non-respect de la législation sur les cartels et les abus de position dominante.
Se présentant comme centriste, ni dirigiste, ni libérale, elle lutte contre la « loi de la jungle » qui permet à de grands groupes internationaux d’échapper à l’impôt dans leur pays d’origine. Ils installent leurs sièges dans des paradis fiscaux et négocient des conditions fiscales spécifiques avec des petits pays. En conséquence, la presse internationale la présente comme « La femme qui fait trembler les grands » ou encore la « Dame de fer face aux Gafa ». Google, Apple, Gazprom, Amazon et autres.
Débat du 15 juin 2015 à l’Université Paris Dauphine avec Margrethe Vestager et le Ministre Emmanuel Macron.
Éloge de Margrethe Vestager par des économistes
Elie Cohen écrivait dans le Bulletin Telos du 2 septembre 2016, après la décision concernant Apple.
Il est rare d’avoir à célébrer, par les temps qui courent, l’utilité de l’Union Européenne, les vertus de la concurrence libre et non faussée, l’audace réformatrice de la Commission et le courage d’une commissaire… et pourtant c’est ce que la sanction de 13 milliards d’euros infligée à Apple pour aide d’État illégale nous invite à faire.
Enfin le courage d’une commissaire et la rigueur de son travail (trois ans d’enquête) ont permis de mettre en échec des armées de juristes et de lobbyistes des multinationales. S’attaquer à la première capitalisation mondiale avec près de 500 milliards d’euros, mettre en cause le travail d’armées de financiers, de juristes et oser braver les services fiscaux américains n’était pas chose facile, la commissaire Vestager et le président Juncker ont osé.
Le dossier Alstom-Siemens est analysé par Elie Cohen dans Telos. En refusant la fusion entre les deux groupes ferroviaires, la commissaire européenne s’est attirée les foudres des gouvernements français et allemand, plusieurs estiment qu’elle a ainsi ruiné ses chances d’accéder à la tête de la Commission.
Son point de défense est que les Etats confient à la Commission le soin de mettre en oeuvre les traités. Or les traités posent les règles d’une politique de concurrence et ne confient pas à la Commission le soin de mettre en oeuvre une politique visant à créer des champions mondiaux. On entend les eurosceptiques en profiter pour attaquer la Commission en illustrant leurs propos par l’affirmation qu’aujourd’hui Airbus ne serait plus possible. Au total on reproche à la Commission de ne pas exercer un mandat qu’on ne lui a jamais confié.
Un groupe de 45 économistes européens analyse pourquoi la Commission européenne a eu raison de refuser la fusion. Les Echos du 12-02-2019
Dans le dossier Apple, c’est l’Irlande elle-même qui a fait appel aux côtés du groupe américain contre la décision de la Commission européenne. Dublin cherche à protéger son régime fiscal qui lui a permis d’attirer des multinationales, même si les 14 milliards d’euros réclamés, en y intégrant les intérêts, auraient pu l’aider à faire face à la pandémie due au coronavirus. Le gouvernement pourrait faire l’objet de fortes critiques de la part des partis d’opposition pour avoir renoncé à cette somme alors que le déficit budgétaire devrait représenter jusqu’à 10% du PIB cette année.
Il est probable que la Commission va faire appel du jugement. En tout état de cause cette décision de première instance illustre les impasses de l’Europe intergouvermentale. Dans l’état actuel du droit européen, les magouilles nationales l’emportent sur l’intérêt généra.
De son côte, Wolfgang Schauble fait part de son inquiétude si chaque Cour constitutionnelle se met à juger l’action de la BCE la situation devient intenable (13 mai 2020) tout en estimant la décision de la Cour inévitable mais dangereuse.
Dans une interview à la Frankfurter allgemeine Zeitung, le juge de la Cour constitutionnelle allemande se livre de manière très inhabituelle aux lecteurs. Pour lui la décision de la Cour est contraignante, il n’est pas étonné des réactions qu’elle a suscitées mais leur vivacité l’a surpris.
25-05-2020 Gunther Krichaum (MdB) président de la Commission des Affaires européennes au Bundestag a consulté des juristes allemands pour savoir ce qu’il fallait penser de la décision de la Cour constitutionnelle relative à la Banque Centrale européenne. Les avis sont très majoritairement négatifs et considèrent que la Cour a fait du n’importe quoi pour utiliser un langage non juridique. Il ne restera plus qu’à la Cour de sa satisfaire des explications de la Bundesbank ce qui lui permettra de changer d’avis sans perdre (trop) la face.
Le moment hamiltonien.
Alexander Hamilton portrait by John Trumbull 1806 Public domain
Voilà une expression que l’on retrouve de plus en plus dans la presse allemande depuis mardi soir. Tout d’abord cela démontre qu’il y a en Allemagne une culture fédéraliste totalement inexistante en France. Hamilton c’était celui par lequel les dettes des États fédérés devenaient des dettes communes. En lisant donc la presse allemande et si comme nous, on reste un incorrigible optimiste, on a l’impression qu’avoir tiré, même partiellement, le verrou de la solidarité financière permet l’expression d’un acte de foi et d’espérance auquel on ne croyait plus. Olaf Scholz, vice-chancelier SPD et ministre des finances évoque explicitement une avancée fédérale de l’Europe, Manfred Weber président du PPE au Parlement européen suit la trace (a-t-il sollicité l’avis des élus français, rien n’est moins sûr), Alexander Dobrindt président du groupe CDU/CSU au Bundestag emboîte le pas et même Wolfgang Schäuble s’aligne, même s’il n’a guère le choix.
Les candidats
CDU
Quant à Armin Laschet, candidat bien placé pour prendre la tête de la CDU et succéder à Angela Merkel, il exprime son enthousiasme et demande au passage où se situe son concurrent Friedrich Merz.
On leur objecte “mais la décision de la Cour constitutionnelle qui condamne la politique de la BCE ?” Ils répondent “la Bundesbank offrira quelques explications et la Cour se déclarera satisfaite ce qui lui permettra de changer d’avis sans perdre la face”. Cependant les opposants comme les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède, le Danemark semblent décidés, A cela les partisans répondent la Suède et le Danemark ne sont pas dans la zone euro quant à l’Autriche et les Pays-Bas, si l’Europe se divise sur le sujet, ces pays ne peuvent pas se permettre d’être dans un camp opposé à celui dans lequel se trouve l’Allemagne.
Bref on déconfine tous azimuts de l’autre côté du Rhin, il nous reste à attendre les justifications que certains trouveront en France pour s’opposer à une initiative qui devrait être favorable à leur pays. Faisons leur confiance, leur créativité au service de la malveillance est inépuisable. En attendant ne boudons pas notre plaisir.
Luc de Barochez journaliste correspondant du Point en Allemagne, réside à Francfort sur le Main. A travaillé également pour Le Monde et l’Opinion. Ses analyses sur l’Allemagne et les relations franco-allemandes sont souvent citées.
Ulrich Bohner a fait ses études à l’Université de la Sarre. Ancien Directeur exécutif du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe. Ancien président de la Mesa (Maison de l’Europe de Strasbourg -Alsace).
Claire Demesmay dirige le programme franco-allemand de l’Institut allemand de politique étrangère (DGAP) à Berlin. Elle est docteur en philosophie politique de l’Université Paris 4-Sorbonne et de la Technical University Berlin, et a reçu en 2016 le Prix parlementaire franco-allemand.
Françoise Diehlmann. Germaniste, a travaillé à Berlin comme enseignante et traductrice de 1978 à 1997, y compris à Berlin Est. Ancienne élue régionale en Ile de France.
Jacques Fayette. Professeur honoraire des universités. Consultant des Nations Unies (PNUD) en Corée, Angola, Tchad. A travaillé également pour la Commission européenne pendant plusieurs années. Militant fédéraliste depuis ses années d’étudiant.
Les souverainetés des Etats-Membres sont mises en cause par le retour aux rapports de force, seul le niveau européen redonne à nos Etats une souveraineté par adhésion. Ce document va donner des informations succinctes sur des thèmes illustrant la dépendance de l’Europe dans un monde où les rapports de force structurent les relations entre pays et continents. Ces rapports de force ne dépendent pas seulement de la puissance économique ou militaire d’un pays mais aussi du potentiel juridique d’un pays disposant d’un droit de veto par exemple.
Le foot sinisé
Dans le domaine économique, le groupe espagnol Mediapro aux capitaux majoritairement chinois vient d’obtenir la diffusion des matchs de première division en France, contre Canal+ et s’estime en bonne voie pour obtenir l’équivalent en Italie, contre Sky. De ce fait les matchs seront diffusés vers 13 h pour que les Chinois qui se passionnent de plus en plus pour le foot puissent les suivre en direct.
A gauche l’ouvrage de Pascal Boniface (mai 2018) après une première publication sur le Football stade ultime de la mondialisation (2012).
PSA se prépare à quitter l’Iran sous la pression des Etats-Unis
Le constructeur automobile PSA a annoncé lundi qu’il préparait son retrait d’Iran, son plus grand marché étranger en volume, devenant le deuxième grand groupe français après Total à se plier aux injonctions américaines.
(d’après Challenge 5 juin 2018)
Les souverainetés mises à l’épreuve
Les Etats-Unis vont sanctionner les entreprises qui participent à la construction du gazoduc Nord-Stream 2
Depuis le début du “Marché Commun”, des pays africains, d’Asie et du Pacifique y ont été associés appelés ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Différentes séries d’accords ont été signés notamment les accords de Yaoundé, de Lomé ou de Cotonou. Il faut renouveler l’accord de Cotonou mais la Hongrie s’y oppose tant que le problème de l’immigration reste pendant !
L’Europe aux Nations-Unies
Mercredi 6 juin. L’Europe devrait européaniser sa présence au Conseil de Sécurité des Nations Unies avec une rotation d’une dizaine de membres exerçant le droit de veto de la France. C’est ce qu’a proposé Madame Merkel à une réunion des partis membres du PPE à Munich destinée à préparer les élections européennes de 2019. “Le monde est en train de changer” a-t-elle dit “et il faut en tenir compte”.
Finalement les députés ont validé la nomination de Ursula von der Leyen avec 9 voix d’avance sur la majorité requise. Au cours des débats de la journée on a pu observer qu’une bonne partie des votes négatifs n’avaient rien à voir avec les projets ou la personne de la candidate. Par exemple des parlementaires votaient non parce qu’une députée de leur pays n’avait pas été élue à la tête d’une commission parlementaire. On a failli avoir une majorité “type Westminster” où la coalition des “non” fait la loi
Espérons que la qualité des commissaires proposés par les Etats donnera une Commission recueillant une majorité plus solide.
DOD photo by U.S. Air Force Staff Sgt. Jette Carr
A la veille du 14 juillet
Une bonne partie des socialistes allemands ont voté contre l’investiture afin de faire éclater la GroKo. De leur côté, les socialistes français les ont suivis, la candidate étant soutenue par Emmanuel Macron.
De son côté Jean Quatremer en profite pour “flinguer” une de ses têtes de Turc favorites : Martin Selmayr, secrétaire général de la Commission. Selon lui le secrétaire général déploie toute son habileté à faire échouer la candidate afin de promouvoir “son” candidat, le premier ministre croate Andrej Plenkovit. La veille du vote, le secrétaire général a annoncé son départ sachant que la nouvelle présidente de le conserverait pas.
Le Parlement européen avait pris le risque de ressembler à la Chambre des Communes : impossibilité d’élaborer une solution ou d’en approuver une, la seule majorité consistant à exclure une situation sans solution.
Lundi 15 juillet
La chancelière Angela Merkel a annoncé lundi 15 juillet que Ursula von der Leyen quittera le Ministère de la Défense le mercredi 17, quelle soit l’issue du vote du Parlement européen le 16 juillet. D’après la presse, les candidatures ne se bousculent pas pour diriger ce Ministère.
Paul Taylor dans Politico s’en prend vivement au comportement infantile visant à refuser l’investiture à Ursula von der Leyen. Il estime que le faute en incombe avant tout à la CDU/CSU qui n’a pas désigné un candidat défendable et dont le nom n’a figuré que sur les bulletins de vote allemands et s’était opposé à ce qu’il figurât sur des bulletins dans toute l’Europe.
Un sondage publié le 4 juillet montrait à quel point les avis étaient partagés, en fonction des préférences partisanes. (non réponses non décomptées).
On se rendait compte par exemple que chez les partisans du SPD, les avis négatifs se montaient à 62%. C’est aussi dans cette famille politique que les critiques contre la gestion de la ministre étaient les plus acerbes. Au printemps 2019, des articles de presse évoquaient une démission éventuelle. Le Ministre des Finances Olaf Scholz… du SPD. taillait le projet de son budget en pièces.
Le rapprochement entre les deux dirigeants est de plus en plus étroit comme le montre ce compte rendu publié par Le Figaro du voyage de Matteo Salvini en Hongrie le 2 mai. Le dirigeant hongrois a ensuite déclaré qu’il ne soutiendrait pas la candidature de Manfred Weber à la tête de la Commission, prenant le risque de transformer la suspension de l’appartenance au PPE en rupture définitive.
Matteo Salvini a profité de son voyage pour visiter une des réalisations de Viktor Orban : le mur anti-migrants. Laurent Wauquiez et ses candidats aux élections européennes vont-il maintenir leur soutien ?
La roue tourne
Article 7
Plénière du Parlement européen sur la Hongrie en présence du Premier Linistre
Article 7. L’article 7 du traité UE vise à garantir que tous les pays de l’UE respectent les valeurs communes de celle-ci, y compris l’état de droit. Le mécanisme de prévention prévu par l’article 7 du traité UE ne peut être utilisé qu’en cas de «risque clair de violation grave», tandis que le mécanisme de sanction prévu à l’article 7, paragraphe 2, du traité UE ne peut être activé qu’en cas de «violation grave et persistante par un pays de l’UE» des valeurs énoncées à l’article 2.
Le mécanisme de prévention autorise le Conseil à alerter le pays de l’UE concerné avant que la «violation grave» n’ait eu lieu.
Le mécanisme de sanction autorise le Conseil à suspendre certains droits dérivant de l’application des traités de l’UE dans le pays concerné, y compris le droit de vote de ce pays au sein du Conseil. La «violation grave» doit, pour cela, avoir perduré.
Une diatribe historique au Parlement européen
Viktor Orbán, sa défense et ses défenseurs
Un exposé parfaitement serein de l’historienne hongroise Maria Schmidt :
L’intellectuelle voit dans la démocratie libérale européenne une « tentative d’ingérence étrangère ». (Le Monde 1er août 2018)
Le vote du 12 septembre 2018
Le Parlement applaudit Judith Sargentini (Gauche Verte, Pays-Bas) dont le rapport a convaincu la majorité du Parlement Européen. Ce rapport ne concernait nullement la politique hongroise en matière de réfugiés mais les manquements à l’état de droit, par exemple l’élimination d’une université qui ne plaisait pas au pouvoir.
Le vice premier ministre Krassimir Karakachanov a déclaré que la procédure de l’article 7 équivalait à l’invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie en 1968. Tout en nuances !
Le vote des députés français.
Selfie de Nadine Morano avec Viktor Orban
On voté contre : tous les députés FN (Jean-Marie Le Pen était absent). Au PPE la consigne était de voter pour le rapport condamnant la Hongrie mais trois eurodéputés ont voté contre ce rapport sur l’état de droit en Hongrie : Angélique Delahaye, Nadine Morano et Franck Proust (chef de la délégation LR au sein du PPE), suivant ainsi la position de Laurent Wauquiez. En effet pour le président des Républicains “Viktor Orban a toute sa place au sein du PPE”
Se sont abstenus : Michèle Alliot-Marie, Arnaud Danjean, Rachida Dati, Geoffroy Didier, Brice Hortefeux, Philippe Juvin
N’ont pas participé au vote : Renaud Muselier et Maurice Ponga
On retiendra en revanche, la prise de position parfaitement claire de Françoise Grossetête, vice-présidente du PPE pouf laquelle “rien ne justifie les multiples violations de l’état de droit”.
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