Margrethe Vestager

Mercredi 19 juin

Demain réunion au sommet pour aborder le problème de l’affectation des postes dans les instances européennes. Il y a concordance des opinions pour estimer que le processus va être long mais le thème de la parité prend de l’importance ainsi le groupe S&D a choisi l’Espagnole Iratxe Garcia comme présidente.

La presse internationale la voit vainqueur de a compétition

Margrethe Vestager

Voir Le Moment de Vérité sur TF1 avec une reportage sur Magrethe Vestager

Mercredi 29 mai

D’après de nombreux articles de la presse internationale ce matin, je déduis qu’on a trouvé une bonne motivation pour consoler Manfred Weber : “il fallait que ce soit une femme”. Et ce sera nécessairement une femme pour qu’on n’ait pas à mettre en avant d’autres raisons.
Il paraît qu’Emmanuel Macron aurait déclaré qu’à la tête de la Commission il fallait une personne charismatique et un journaliste de Politico d’observer que ce n’était pas le qualificatif qui venait directement à l’esprit lorsqu’on parlait de Manfred Weber.
Le chef du gouvernement danois Lars Løkke Rasmussen, opposant en politique nationale à Margrethe Vestager, lui a apporté son plein soutien pour la présidence de la Commission, c’est un élément important.
De son côté la leader des Verts allemands Ska Keller a considéré que Magrethe Vestager était la Spitzenkandidatin de son groupe donc qu’il n’y avait pas contradiction entre le soutien à Margrethe Vestager et le principe du Spitzenkandidat…

Mardi 28 mai 2019

Dans une interview au quotidien économique allemand Handelsblatt, Margrethe Vestager affirme avec force sa candidature et conteste la légitimité de Manfred Weber en affirmant que les électeurs ont voulu aussi briser d’autres monopoles.

Le plus surprenant c’est le vote à distance exprimé par les lecteurs du Handelsblatt sollicités pour exprimer leurs préférence (8 h du matin) :

  • Manfred Weber 26%
  • Frans Timmermans 21%
  • Margrethe Vestager 36%
  • Un autre : 10%

Une longue interview sur Arte mais ce matin (28 mai) elle a dit en français “C’est magnifique” car ses vacances dans la maison du couple à l’île d’Oléron lui ont tout de même permis de faire quelques incursions dans notre langue. En la matière il faut dire que le champion c’est Frans Timmermans.

Le portrait de Margrethe Vestager sur le site du Point

Vendredi 18 mai 2019

Jamais les chances de devenir présidente de la prochaine Commission n’ont été aussi élevées pour la Danoise. Un article du Monde daté du 18 “Les nouvelles aventures de la Commissaire Margrethe Vestager” en fait une excellente présentation. Comme cet article a été rédigé avant que des dépêches laissent entendre que l’Allemagne serait opposée à la désignation de Michel Barnier, les chances de la commissaire à la concurrence sont décuplées.

Une Commission dirigée par elle aurait un tonus semblable à celle de Jacques Delors.

Née le 13 avril 1968 à  Glostrup (municipalité du département de Copenhague, dans l’est de l’île de Seeland). Ses parents étaient pasteurs luthériens. Mariée à un professeur de mathématiques, elle est mère de trois filles.

Suite à des études d’économie à l’université de Copenhague, elle entre au Ministère des Finances. Elle adhère au Parti social-libéral danois (RV).

Le 23 mars 1998, elle est nommée ministre de l’Éducation et ministre des Affaires ecclésiastiques, dans le gouvernement de centre gauche de Poul Nyrup Rasmussen. Elle perd ce dernier poste, à l’occasion d’un remaniement ministériel le 20 décembre 2000.

Février 2019 : Margreth Vestager, star de la Commission

Le 20 mars, elle a déclaré publiquement sa candidature à la tête de la Commission et a été nommée dans l”équipe Europe” constituée par ALDE.

A la Commission européenne

Présentée comme la « star de Bruxelles », elle est chargée de dossiers impliquant des géants mondiaux comme Starbucks, Google et Gazprom. Elle lance contre ce dernier une procédure pour non-respect de la législation sur les cartels et les abus de position dominante.

Se présentant comme centriste, ni dirigiste, ni libérale, elle lutte contre la « loi de la jungle » qui permet à de grands groupes internationaux d’échapper à l’impôt dans leur pays d’origine. Ils installent leurs sièges dans des paradis fiscaux et négocient des conditions fiscales spécifiques avec des petits pays. En conséquence, la presse internationale la présente comme « La femme qui fait trembler les grands » ou encore la « Dame de fer face aux Gafa ». Google, Apple, Gazprom, Amazon et autres.

La concurrence qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit.

Débat du 15 juin 2015 à l’Université Paris Dauphine avec Margrethe Vestager et le Ministre Emmanuel Macron.

Éloge de Margrethe Vestager par des économistes

Elie Cohen écrivait dans le Bulletin Telos du 2 septembre 2016, après la décision concernant Apple.

Il est rare d’avoir à célébrer, par les temps qui courent, l’utilité de l’Union Européenne, les vertus de la concurrence libre et non faussée, l’audace réformatrice de la Commission et le courage d’une commissaire… et pourtant c’est ce que la sanction de 13 milliards d’euros infligée à Apple pour aide d’État illégale nous invite à faire.

Enfin le courage d’une commissaire et la rigueur de son travail (trois ans d’enquête) ont permis de mettre en échec des armées de juristes et de lobbyistes des multinationales. S’attaquer à la première capitalisation mondiale avec près de 500 milliards d’euros, mettre en cause le travail d’armées de financiers, de juristes et oser braver les services fiscaux américains n’était pas chose facile, la commissaire Vestager et le président Juncker ont osé.

Le dossier Alstom-Siemens est analysé par Elie Cohen dans Telos. En refusant la fusion entre les deux groupes ferroviaires, la commissaire européenne s’est attirée les foudres des gouvernements français et allemand, plusieurs estiment qu’elle a ainsi ruiné ses chances d’accéder à la tête de la Commission.

Sa conférence de presse.

Son point de défense est que les Etats confient à la Commission le soin de mettre en oeuvre les traités. Or les traités posent les règles d’une politique de concurrence et ne confient pas à la Commission le soin de mettre en oeuvre une politique visant à créer des champions mondiaux. On entend les eurosceptiques en profiter pour attaquer la Commission en illustrant leurs propos par l’affirmation qu’aujourd’hui Airbus ne serait plus possible. Au total on reproche à la Commission de ne pas exercer un mandat qu’on ne lui a jamais confié.

Un groupe de 45 économistes européens analyse pourquoi  la Commission européenne  a eu raison de refuser la fusion. Les Echos du 12-02-2019

La presse et Margrethe Vestager

La mission de la commissaire

L’OBS : 10 choses à savoir sur Margrethe Vestager, la commissaire européenne cauchemar de Google

Si tous les commissaires étaient comme elle, l’Europe redeviendrait à coup sûr une idée populaire”.

Margrethe Vestager et les élections européennes du 26 mai 2019

Parmi les critiques contre la Commission européenne et veulent la supprimer, il y a ceux qui contestent par exemple le pouvoir exercé par la Commission en matière de concurrence, affirmant que ce pouvoir est exercé par des “non élus”. Cette affirmation est fausse car les commissaires européens sont d’abord proposés par des gouvernements démocratiques et ensuite élus individuellement par le Parlement européen. En France il existe une Autorité de la Concurrence nommée par le gouvernement et qui vient de fêter son dixième anniversaire, ses membres ne sont pas élus et travaillent avec la Commission européenne. On trouvera ci-dessous l’hommage de Margrethe Vestager à cette Autorité, à l’occasion de son dixième anniversaire.

 

illibéral-up

 

Hongrie article 7

 

L’alliance Orban Salvini : unis par les barbelés

Le rapprochement entre les deux dirigeants est de plus en plus étroit comme le montre ce compte rendu publié par Le Figaro du voyage de Matteo Salvini en Hongrie le 2 mai. Le dirigeant hongrois  a ensuite déclaré qu’il ne soutiendrait pas la candidature de Manfred Weber à la tête de la Commission, prenant le risque de transformer la suspension de l’appartenance au PPE en rupture définitive.

Matteo Salvini a profité de son voyage pour visiter une des réalisations de Viktor Orban : le mur anti-migrants. Laurent Wauquiez et ses candidats aux élections européennes vont-il maintenir leur soutien ?

 

La roue tourne

Article 7

article 7 - Viktor Orban
Plénière du Parlement européen sur la Hongrie en présence du Premier Linistre

Article 7. L’article 7 du traité UE vise à garantir que tous les pays de l’UE respectent les valeurs communes de celle-ci, y compris l’état de droit. Le mécanisme de prévention prévu par l’article 7 du traité UE ne peut être utilisé qu’en cas de «risque clair de violation grave», tandis que le mécanisme de sanction prévu à l’article 7, paragraphe 2, du traité UE ne peut être activé qu’en cas de «violation grave et persistante par un pays de l’UE» des valeurs énoncées à l’article 2.

Le mécanisme de prévention autorise le Conseil à alerter le pays de l’UE concerné avant que la «violation grave» n’ait eu lieu.

Le mécanisme de sanction autorise le Conseil à suspendre certains droits dérivant de l’application des traités de l’UE dans le pays concerné, y compris le droit de vote de ce pays au sein du Conseil. La «violation grave» doit, pour cela, avoir perduré.

Une diatribe historique au Parlement européen

Viktor Orbán, sa défense et ses défenseurs

Un exposé parfaitement serein de l’historienne hongroise Maria Schmidt :

« L’Union européenne veut briser notre identité au nom de la démocratie »

L’intellectuelle voit dans la démocratie libérale européenne une « tentative d’ingérence étrangère ». (Le Monde 1er août 2018)

Le vote du 12 septembre 2018

Le Parlement applaudit Judith Sargentini (Gauche Verte, Pays-Bas) dont le rapport a convaincu la majorité du Parlement Européen. Ce rapport ne concernait nullement la politique hongroise en matière de réfugiés mais les manquements à l’état de droit, par exemple l’élimination d’une université qui ne plaisait pas au pouvoir.

La Bulgarie vole au secours de Orban

Le vice premier ministre Krassimir Karakachanov  a déclaré  que la procédure de l’article 7 équivalait à l’invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie en 1968.  Tout en nuances !

Le vote des députés français.

Selfie de Nadine Morano avec Viktor Orban
Selfie de Nadine Morano avec Viktor Orban

On voté contre : tous les députés FN (Jean-Marie Le Pen était absent). Au PPE  la consigne était de voter pour le rapport condamnant la Hongrie mais trois   eurodéputés ont voté contre ce rapport sur l’état de droit en Hongrie :  Angélique Delahaye, Nadine Morano et Franck Proust (chef de la délégation LR au sein du PPE), suivant ainsi la position de Laurent Wauquiez. En effet pour le président des Républicains “Viktor Orban a toute sa place au sein du PPE

Se sont abstenus : Michèle Alliot-Marie, Arnaud Danjean, Rachida Dati, Geoffroy Didier, Brice Hortefeux, Philippe Juvin

N’ont pas participé au vote :  Renaud Muselier et Maurice Ponga

On retiendra en revanche, la prise de position parfaitement claire de Françoise Grossetête, vice-présidente du PPE pouf laquelle “rien ne justifie les multiples violations de l’état de droit”.

Article de l’Express : le vote sur Orban divise la droite française.

hongrie-up

Finances italiennes

Les finances publiques moteur de la chute ?

Le fameux spread

Luigi de Maio

On n’étrangle pas les Italiens pour faire plaisir aux agences de rating

C’est comme dire on ne va pas prendre des antibiotiques pour faire plaisir au thermomètre.

La nouvelle loi de finance se trouve face aux factures des promesses électorales des vainqueurs : revenu de citoyenneté, impôt proportionnel (flat tax) etc… l’ensemble est estimé à 400 milliards .

Vendredi 31 mai 2019

Les taux d’intérêt sur les bons italiens à 5 ans dépassent maintenant les taux de la Grèce.

Les épargnants italiens se rebiffent

Finances - Bons du résor
Bons du Trésor

Les 19 et 20 novembre, le gouvernement italien avait émis son quatorzième emprunt (Btp) à quatre ans, souscrit par les épargnants individuels. En effet les Italiens ont une épargne privée considérable et Matteo Salvini a déclaré à plusieurs reprises compter sur ces épargnants pour épauler la politique du gouvernement.

Hélas il n’en est rien. Au mois de mai dernier la souscription s’était montée à 3,2 milliards, en novembre elle est descendue à 722 millions c’est à dire à des niveaux de la crise financière de 2012. Ce n’est pas un complot de “Bruxelles” ou de la finance internationale mais l’expression d’un manque de confiance des citoyens italiens. Or au cours de l’année 2019, il faudra trouver une somme située entre 55 et 60 milliards, ce ne sont pas les investisseurs étrangers qui vont souscrire et le gouvernement va se trouver dans une situation impossible soit en offrant des taux dévastateurs soit en ayant recours à l’emprunt forcé, politiquement dangereux.

Luigi di Maio déclarait que ce n’étaient pas les marchés qui dictaient la politique du gouvernement mais le peuple, la réponse est évidente c’est bien le peuple mais par les marchés.

illibéral-up

Spitzenkandidat ? Spitzenkandidatin ?

Candidat – Candidate.

Ces mot allemands “candidat”/ “candidate” désignent maintenant, dans le vocabulaire européen courant, le nom du candidat ou de la candidate qu’une famille politique souhaite voir accéder à la présidence de la Commission. Le nom du candidat ou de la candidate peut figurer sur les bulletins de vote dans chacun des pays.

Les membres de la Commission peuvent devenir candidats de tête sans bien entendu, mettre les moyens de la Commission au service de leur campagne.

Au Parti populaire européen (PPE)

candidat weber
Manfred Weber (CSU)

Le PPE dont le groupe parlementaire est dirigé par Manfred Weber a fait ra connaître son choix  les 7 et 8 novembre à Helsinki par un vote de ses 758 délégués.  Manfred Weber a été élu sans surprise  contre Alexander Stubb avec 80% des suffrages. Depuis la fin du mois d’août,  Madame Merkel avait annoncé son soutien  à la candidature de Manfred Weber,  qui avait reçu également le soutien de Viktor Orban et de Laurent Wauquiez.

Bien avant  la réunion d’Helsinki, le Président du PPE, Joseph Daul,  a désigné dès l’été 2017,   un directeur de campagne en la personne de Dara Murphy, vice-président du parti. Cet Irlandais de 48 ans, ancien ministre des Affaires européennes de Dublin, a comme première mission d’établir une unité entre les visions européennes de la cinquantaine de partis membres du PPE… vaste programme.

Manfred Weber tend-t-il la main à Matteo Salvini ?

Point de vue extérieur

Dans un exposé très clair Ska Keller co-présidente du groupe Les Verts/ Alliance Libre Européenne présente bien la différence entre un Spitzenkandidat et un candidat recueillant la majorité des voix au PE.

Que pensez-vous de l’idée d’Emmanuel Macron de créer une nouvelle coalition progressiste pour les élections européennes ? Coalition qui va à l’encontre du processus de Spitzenkandidaten.

Cela ne va pas à l’encontre du système de Spitzenkandidaten. Si Manfred Weber devient le candidat favori du PPE, il tentera d’avoir une majorité au Parlement européen, mais pour l’instant je ne crois pas que ça arrivera. Surtout s’il vote contre le rapport sur la Hongrie, il aura du mal à convaincre des membres du centre gauche pour une quelconque coalition. Un candidat centriste qui est clair sur ses valeurs européennes aura donc beaucoup plus de chances. Manfred Weber ne sera pas président de la Commission européenne simplement parce qu’il sera la tête de liste du PPE. Pour devenir président de la Commission, il faut obtenir la majorité du Parlement. Et ça, Manfred Weber ne l’a pas.

Chez les socio-démocrates (S&D)

Frans Timmermans
Ec Audiovisual service

Lors d’une réunion du 4 juin 2018, à Bratislava, entre les sociaux démocrates  des quatre pays du groupe de Visegrad (Slovaquie, République tchèque, Hongrie, Pologne) ainsi que la Bulgarie, avait été proposé le nom de Maroš Šefčovič, Vice-président de la Commission, né à Bratislava. Suite à sa renonciation, le candidat du S&D  sera le Néerlandais Frans Timmermans Premier vice-président de l’actuelle Commission.

ALDE

Contrairement aux partis de gauche et de centre-droit, ALDE n’a pas adopté le système du Spitzenkandidat et a proposé une « équipe Europe ».

Cette équipe comprend :  la commissaire slovène Violeta Bulc , l’ancienne commissaire italienne Emma Bonino et l’Espagnol Luis Garicano. Les libéraux allemands (FDP) présente sa tête de liste, Nicola Beer et la candidate hongroise Katalin Cseh fera également partie de l’équipe, confirmant ainsi l’engagement de l’ALDE de nommer des femmes à des postes haut placés.

Bien entendu Guy Verhofstadt et Margrethe Vestager font partie de la liste, cette dernière est placée en tête dans les sondages menés par Euractiv.

illibéral-up

Auvergne-Rhône-Alpes

Elections européennes

La Professoresse Véronique Trillet-Lenoir a été élue sur la liste Renaissance.  Elle était auparavant conseillère régionale, mandat qu’elle devrait garder jusqu’aux prochaines élections.

Lyon, 65%

Lyon, ville gallo-romaine et européenne. C’est le score de la Constitution européenne à Lyon. La région Auvergne-Rhône-Alpes, ou encore appelée “AuRA”, est l’une des régions les plus europhiles de France. Lors du référendum constitutionnel de 2005, la ville a voté “oui” à 65%, record de France après l’Alsace.

Cette adhésion résulte de la présence très ancienne de mouvements européens, dès les années d’après-guerre, d’une ouverture internationale de son économie, de ses universités et de ses centres de recherche.

En outre, la Région appuie fortement la construction de la transalpine (c’est à dire qu’elle sera empruntée par les trains Paris-Rome) sur la ligne Lisbonne – Kiev via Vienne et Budapest, soutenue par des fonds européens.

Les quatre moteurs

Une entente formée par quatre grandes régions (comprenant l’ Auvergne-Rhône-Alpes (France),  le Bade-Wurtemberg (Allemagne),  la Catalogne (Espagne) et de la Lombardie (Italie)) et représentant près de 10 % du PIB de l’Union européenne illustre ce dynamisme.

Les Centres Europe Direct (CIED)

Ardèche

Clermont-Ferrand

Grenoble

Lyon

Il est donc normal que dans cette région, les partisans d’une Europe forte et souveraine qu’ils soient LREM, MODEM, Radicaux, Agir aient accueilli favorablement le projet ALDE notamment pour réussir les élections européennes.

Formation

La Maison des Européens de Lyon  fait partie de la Fédération française des Maisons de l’Europe, elle organise en novembre-décembre  trois samedis de formation sur des grands sujets européens. D’autres formations sont prévues en février-mars sur l’Allemagne, les relations avec les pays émergents,  les fonds de cohésion, la défense européenne… Les formations sont assurées par des spécialistes reconnus.

Les conférences ont eu lieu au cours du premier trimestre 2019

  1. Les institutions européennes, historique et situation actuelle.  Après-midi L’enjeu des élections européennes.
  2. Le Parlement européen : fonctionnement, rôle, évolution. Après-midi : La dimension sociale de l’Europe.
  3. Le Brexit. Après-midi : Les mouvements populistes en Europe et le cas italien.

Le coordonnateur

Lyon-up

 

Chequers et après

Un weekend aux Chequers

Loin de Chequers Barnier
Michel Barnier contemple

Depuis 1921, le manoir Chequers Court à Ellesborough, à 70 km au Nord-Ouest de Londres, dans le comté du Buckinghamshire est la résidence de campagne du Premier Ministre britannique. Non seulement le gouvernement y tient des réunions de travail mais y reçoit des chefs d’Etat étrangers.

Ce weekend du 6 juillet 2018, Theresa May avait décidé d’y réunir son gouvernement au grand complet pour définir une position structurée et cohérente sur le Brexit dont les négociations piétinaient. Cette position a fait l’objet d’un livre blanc (téléchargeable en langue française) mais aussi beaucoup de dégâts politiques tant les positions divergent au sein des Conservateurs.

Démissions en chaîne

  1. David Davis ministre en charge du Brexit remplacé par Dominic Raab
  2. Steve Baker secrétaire délégué auprès du Ministre chargé du Brexit.
  3. Boris Johnson ministre des affaires étrangères remplacé par Jeremy Hunt

Contenu du livre blanc établi aux Chequers

Une zone de libre-échange pour le commerce des biens

Il n’y aurait pas de droits de douane entre le RU et l’UE et le RU suivrait les règlements européens en matière sanitaire par exemple. C’est à dire que le RU suivrait des règles à l’élaboration desquelles il ne participerait pas. Donc cela éviterait les contrôles douaniers à la frontière et éviterait le casse-tête irlandais.

Le Royaume-Uni retrouverait le contrôle de ses droits de douane pour ses échanges avec les pays tiers, et la possibilité de nouer des accords de libre-échange avec eux.

Des services bien mal servis

Les services qui représentent près de 80% de l’économie britannique sont assez maltraités d’où l’accueil négatif de la City. Fini  par exemple le « passeport financier » ouvrant le marché européen aux banques britanniques.

Un maintien au sein de certaines agences européennes

Londres confirme vouloir  participer aux agences européennes régulant les produits chimiques, le transport aérien ou encore les médicaments, se disant prêt à « accepter leurs règles et à participer à leur financement ».

Plus de libre circulation des personnes.

Bien entendu cela ne concerne pas les touristes, les voyageurs d’affaires, les étudiants ou des salariés qualifiés dont le pays peut avoir besoin. Le cas des ressortissants déjà présents étant à part.

Note : en Grande-Bretagne les droits universitaires se montent à 9.250 £ (10.360€) pour les Britanniques et les Européens. Le montant peut atteindre 35.000 £ (39.200€) pour les autres. On observe une baisse sensible des étudiants étrangers en Grande-Bretagne et l’Australie vient de lui passer devant comme pays d’accueil (grâce aux Chinois). Cette tendance pourrait s’amplifier si les étudiants européens sont soumis aux mêmes droits que les étrangers.

Dans le domaine de la défense et de sécurité

Le Royaume-Uni souhaite rester membre d’Europol et Eurojust et développer des « accords de coordination » sur la politique étrangère et la défense.

 Les réactions de Donald Trump à l’accord

chequers-SunL’ambassadeur des Etats-Unis à Londres Woody Johnson avait prévenu que le choix de  respecter les réglementations de l’UE  mettait fin pour le moment à tout projet d’accord avec les Etats-Unis.

Dans une interview avec la BBC, Theresa May a déclaré que Donald Trump l’avait exhorté à  ne pas négocier avec l’UE mais à la poursuivre l’UE en justice !  Laquelle ? Il est vrai que l’UE fait partie de ses adversaires…

Les opposants tuent l’accord de Chequers

De nombreux parlementaires occupant des fonctions de responsabilité au sein du parti conservateur les quittent pour exprimer leur désaccord. Un groupe de plus d’une centaine s’est constitué et échange dans un WhatsApp 100 pour lutter efficacement contre l’accord.

Le lundi 16 juillet marque pour de nombreux observateurs la mise à mort de l’accord obtenu le weekend du 6 et augmente fortement la probabilité d’une sortie sans accord. Theresa May a accepté ses amendements pour ne pas avoir à subir une défaite aux Communes mais elle a détruit de ce fait le projet qu’elle avait construit.

Les quatre amendements ont été adoptés :

  1. Le RU ne percevra pas de droits et de taxes pour le compte de l’UE sans réciprocité
  2. Le gouvernement s’engage à éviter une frontière douanière dans la Mer d’Irlande
  3. Le RU aura un régime de TVA différent de celui de l’UE
  4. Le gouvernement accepte la législation européenne seulement si le RU reste dans l’union douanière

DouaneLe premier de ces amendements revient, selon ses auteurs,  à un torpillage en règle du projet d’accord des Chequers. Pour le comprendre il faut avoir présente à l’esprit la procédure qui s’applique à une marchandise venant de l’extérieur de l’union douanière constituée par l’UE. L’importateur doit acquitter un droit de douane dans la grande majorité des cas dans le pays (port, aéroport, zone de fret routier…) où le produit arrive. Le produit est alors mis en libre pratique. Le pays encaisse le droit de douane qu’il  transfère à la caisse communautaire moins un pourcentage assez généreux pour les frais de recouvrement. Si le produit reste dans le pays, il subit alors la TVA du pays, il est mis à la consommation.

Dans le livre blanc, le gouvernement britannique proposait de pouvoir encaisser le droit de douane et éventuellement la TVA pour le compte de l’UE. Les Brexiteers maximalistes ont fait ajouter “sous réserve de réciprocité”. Ainsi si un produit chinois arrive à Rotterdam et qu’il est destiné au marché britannique, les douanes néerlandaises devront prélever les droits de douane, les verser à la caisse commune qui les versera au Trésor britannique. Il est peu vraisemblable que le négociateur européen acceptera cette innovation et c’est en le sachant que les auteurs de l’amendement l’ont proposé. Leur but ultime étant une sortie sans accord.

La députée Tory Anna Soubry, partisane active du maintien du RU dans l’UE  ou d’un Brexit très doux s’en prend avec véhémence aux auteurs des amendements et à la Première Ministre qui les a acceptés. Qui dirige ce pays demande-t-elle, ce n’est plus Theresa May, mais Jacob Rees-Mogg, c’est à dire le plus acharné des Brexiteers qui pourrait devenir Chancelier de l’Echiquier d’un gouvernement dirigé par Boris Johnson.

Les députés LibDems étaient bien entendu hostiles à ces amendements mais deux étaient absents au moment du vote crucial acquis avec trois voix de majorité dont quatre du Labour et Brexiteers !

Les impossibilités du négociateur et la mise en demeure du nouveau ministre

A Bruxelles, Commission et Conseil, sont décontenancés par l’incapacité des Britanniques à formuler des propositions claires et opérationnelles et à s’y tenir, avec risque de fraudes massives et donc de complexité administrative onéreuse. Comment gérer un système dans lequel les droits de douane différents peuvent être appliqués par le même bureau en fonction de la destination finale des produits et qui va vérifier ensuite  ?

Par ailleurs, les services n’étant pas concernés dans la proposition du Livre Blanc, la gestion de produits incorporant de 20 à 50% de services allait se transformer en casse-tête. Cette analyse a été exposée aux Ministres des Affaires étrangères des 27 réunis le vendredi 20 à Bruxelles.


En réplique,  Dominic Raab  nouveau ministre britannique europhobe du Brexit a déclaré dans une interview parue le dimanche 22 dans le Daily Telegraph, que le RU  n’honorerait pas l’engagement financier qu’il a pris en l’absence d’un accord commercial.

Dimanche 22, un article des Echos fait le point sur la suite de cet accord de Chequers.

Dégagisme

Theresa May n’a pas du tout apprécié les débuts de Dominic Raab son nouveau ministre chargé du Brexit qui a immédiatement indisposé les partenaires européens. Désormais depuis le mardi 24 juillet, c’est elle qui mènera les négociations assistée de Dominic Raab qui passera du rang de Secrétaire d’Etat à celui de secrétaire tout court. Il est probable qu’elle va défendre une approche plus douce, soucieuse des conséquences négatives probables d’un Brexit dur… si le Parlement va dans son sens.

Les réactions de l’opinion publique

Pratiquement toutes les semaines YouGov effectue un sondage pour apprécier l’évolution des Britanniques sur les grands sujets politiques.

Le sondage effectué les 16-17 juillet pour le Sunday Times nous indique que 42% des répondants estiment que le pays avait raison de voter  pour le Brexit et 47% estiment qu’il a eu tort. Le Times du 27 juillet, nous apprend que 44% des Britanniques souhaitent un nouveau référendum contre 40% qui y sont hostiles. C’est la première fois qu’un sondage montre cette faveur pour un nouveau référendum.

Les Britanniques devraient-ils procéder à un autre référendum relatif à l'accord de sortie ?

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Enfin à la question “Si les élections avaient lieu demain, quel serait votre choix ?”  , le Labour avec 28% passe devant les Conservateurs avec 25%, les LibDem restent à 7% mais atteignent 15% à Londres. Par contre aucun leader politique ne dépasse Theresa May et on estime que si les Travaillistes étaient dirigés par une personnalité moins controversée que Jeremy Corbyn, leur avantage serait nettement plus élevé. Cependant 13% estiment que le gouvernement gère bien les négociations de sortie et de même 13% estiment que le projet défini à Chequers est positif !

Ce qui peut être préoccupant pour les Conservateurs (Tories) c’est que l’aspect conciliant du texte de Chequers peut leur aliéner la fraction la plus favorable à un Brexit dur au profit de l’UKIP principalement.

En attendant des responsables politiques britanniques multiplient les amabilités, par exemple Liam Fox ministre du commerce extérieur pense que sortir sans accord ne pose pas de problème majeur, que l’Europe se sert du cas irlandais pour faire chanter le RU tandis que Jacob Rees-Mogg considère que l’Union européenne est une Mafia.

Dans le même temps le gouvernement admet qu’il va transformer une partie d’une autoroute du Kent en parking à camions pour permettre à ceux-ci  de faire la queue afin de franchir les douanes à Douvres avant d’aller les franchir à Calais.

Chequers victim
David Davis

Dans l‘Express (britannique) du dimanche 22,  David Davis ancien ministre démissionnaire du Brexit pense que Mme May devrait déchirer le document établi à Chequers et partir avec un autre projet. Il y a un point qui’il n’aborde pas c’est la capacité du négociateur européen à accepter ce genre de palinodie.  Un autre point,  c’est qu’il oublie, et cela ne date pas du weekend du 21-22 juillet, que le Parlement européen élu en 2014, doit approuver l’accord, on peut s’attendre à des séances houleuses. Il serait intéressant que le ministre britannique Dominic Raab vint en personne défendre le projet dans l’hémicycle de Strasbourg.

En simultanément la presse française nous informe que près de 3.000 banquiers britanniques pourraient venir s’installer à Paris.

De Chequers à Salzbourg

Mozart n’a pas terminé son Requiem mais Theresa May a bien entamé le sien.

L’union des 27 face aux propositions britanniques

Les Echos : Theresa May tape du poing sur la table et se prépare au « no deal »

Dans un discours offensif plus destiné aux cadres de son parti qui doit se réunir à la fin du mois de septembre qu’aux partenaires de l’UE, la Première Ministre britannique est passée à l’offensive tandis que la livre sterling connaissait son plus fort repli en séance depuis onze mois face au dollar et depuis cinq mois face à l’euro.

 

Chequers-up

Emmanuel Macron et l’Europe

Emmanuel Macron

Cette page vise non pas à présenter les objectifs européens de la présidence française mais la stratégie politique pour arriver à les atteindre. C’est à dire faire en sorte que ceux qui partagent ses objectifs fassent le meilleur résultat possible aux élections européennes. Un résultat permettant de propulser ses candidats à la présidence du Parlement européen et de la Commission et à pouvoir se coordonner avec le nouveau président du Conseil européen.

Rendant compte de ses entretiens avec Emmanuel Macron le dimanche 2 septembre, où il avait été question de le voir remplacer Nicolas Huot, Daniel Cohn-Bendit a précise que si l’hôte de l’Elysée avait besoin de lui pour les européennes… à suivre.

La politique européenne de la France

La constitution des listes

Quel président (Quelle présidente) pour la Commission ?

Emmanuel Macron en tournée au Danemark et en Finlande

Cette escapade vélocipédique sera-telle suffisante pour persuader le premier ministre danois de soutenir son opposante Margrethe Vestager à la Commission ?

La transcription de la conférence de presse en Finlande avec l Président Juha Sipilä

Soirée au Grand-Duché

Une réunion de travail a rassemblé le Premier ministre du Grand-Duché, Xavier Bettel, le chef du gouvernement belge, Charles Michel, et le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte le jeudi 6 septembre.

On a parlé du Brexit, de la réforme de la zone euro, de la taxation du numérique et des migrations, thème de rupture entre Etats membres avec la constitution du tandem Salvini-Orban soutenu par l’Autriche.

A l’occasion d’une conférence de presse au château de Bourglinster (Luxembourg), le Président français a affirmé que le PPE (Parti populaire européen) ne pouvait pas à la fois soutenir la chancelière Angela Merkel et Viktor Orban. Une stratégie pour savonner un peu plus la planche de Manfred Weber.

Emmanuel Macron garde sans doute en mémoire les déclarations de Manfred Weber en février dernier. Celui-ci avait défendu le principe du Spitzenkandidat au sens étroit, naturellement favorable à sa propre candidature et avait demandé à Emmanuel Macron de choisir son camp à Bruxelles.

Rendant compte de sa visite au Luxembourg, l’AFP écrit :

Emmanuel Macron, lui, s’est toujours opposé à cette règle informelle et préférerait réunir les chefs d’Etat et de gouvernement sur son propre candidat. Parmi les noms qui circulent figure la commissaire à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager.

On voit mal Emmanuel Macron soutenir un principe favorable au candidat du PPE dont le représentant en France est Laurent Wauquiez.

Une cible dénommée Emmanuel Macron

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