La Commission Von der Leyen

Composition de la Commission

Ursula von der Leyen
Commission

Parmi les 26 propositions il y a 9 commissaires à rattacher au PPE, 9 aux socialistes, 5 à Renew Europe, groupe souvent désigné par le mot libéral, qualificatif infamant en France. S’ajoutent 1 Vert/ALE venu de Lituanie le plus jeune commissaire (28 ans) jamais désigné, 1 CRE  (Eurosceptique) en provenance de Pologne, 1 indépendant.

Le Polonais Krzysztof Szczerski (CRE)  chef de cabinet du président Andrej Duda intéressé par un portefeuille économique, ou de l’énergie a refusé le portefeuille de l’agriculture pour lequel il ne s’estimait pas compétent. C’est donc un autre Polonais, Janusz Wojciechowski  membre de la Cour des Comptes européenne et eurodéputé pendant 12 ans (il était vice-président de la commission agriculture ) qui sera en charge de l’agriculture.

Politiquement, les Verts avaient exigé de la future présidente quatre postes de commissaires pour qu’ils envisagent de la soutenir lors du vote du 16 juillet 2019. Ils avaient perdu de vue que les propositions sont faites par les Etats.  La présidente a un pouvoir de refus (Jean-Claude Juncker avait écarté six candidats) mais pas un pouvoir de proposition. En définitive, un seul  apparenté Vert a été proposé, par la Lituanie.

Plus que lors de la constitution de la Commission précédente, on a assisté à la volonté des Etats et des parlements nationaux à intervenir. Dans certains pays on a voulu auditionner les candidats pour étudier quelle politique ils voulaient mettre en oeuvre. Voir cet article sur la désignation du commissaire belge Didier Reynders.

La liste des 27 commissaires désignés.

On pourra télécharger les lettres de mission de chacun des commissaires.

On notera que si le 1er novembre le Royaume Uni ne quitte pas l’Union européenne, il devra désigner un candidat commissaire… pour quel portefeuille.. mystère !

La commissaire française

Sylvie Goulard
Sylvie Goulard. Parlement européen

Le mercredi 28 août la France a proposé la nomination de Sylvie Goulard comme commissaire française. Cette proposition a reçu immédiatement un vaste mouvement de soutien dans de nombreux pays européens appartenant à des horizons politiques différents.

En avril 2014, les correspondants de presse à Bruxelles (hors titres français) l’avaient classée comme eurodéputée française la plus influente au Parlement européen. Ce résultat était exceptionnel dans une instance où il est admis qu’il faille deux ou trois mandats pour s’affirmer. Isabelle Marchais correspondante du quotidien L’Opinion avait intitulé l’article qu’elle lui consacrait Une révélation de la législature qui s’achève.

Le commissaire italien

Le 1er août Matteo Salvini (Ministre de l’Intérieur) avait annoncé qu’il proposerait un commissaire capable de gérer un portefeuille économique et de défendre l’intérêt des Italiens à Bruxelles… il n’est plus en mesure de proposer un candidat. La nouvelle majorité a été qualifiée, à l’initiative du Président du Conseil Giuseppe Conte, de  “majorité Ursula”. C’est  à dire qu’elle regroupe les partis dont les eurodéputés ont soutenu Ursula Von der Leyen.

Rappel : selon l’article 245 du Traité sur l’Union européenne :  Les membres de la Commission exercent leurs fonctions en pleine indépendance, dans l’intérêt général de l’Union; en particulier, ils ne sollicitent ni n’acceptent d’instructions extérieures d’aucun gouvernement ou autre organisme.

Le calendrier

Le 10 septembre :   la présidente a présenté  la répartition des portefeuilles entre les commissaires proposés.
A partir du 20 septembre :  auditions des commissaires désignés par les commissions du  Parlement européen concernées par leurs fonctions
Octobre : vote du Parlement sur la Commission dans son ensemble, en tant que collège.
Octobre : le Conseil européen nomme officiellement la Commission (art 17§7 du TUE)
1er novembre 2019 :   prise de fonction de la nouvelle Commission

Les Souverainetés européennes

Les souverainetés des Etats-Membres sont mises en cause par le retour aux rapports de force, seul le niveau européen redonne à nos Etats une souveraineté par adhésion. Ce document va donner des informations succinctes sur des thèmes illustrant la dépendance de l’Europe dans un monde où les rapports de force structurent les relations entre pays et continents. Ces rapports de force ne dépendent pas seulement de la puissance économique ou militaire d’un pays mais aussi du potentiel juridique d’un pays disposant d’un droit de veto par exemple.

Le foot sinisé

souveraineté foot Pascal BonifaceDans le domaine économique, le groupe espagnol Mediapro aux capitaux majoritairement chinois vient d’obtenir la diffusion des matchs de première division en France, contre Canal+ et s’estime en bonne voie pour obtenir l’équivalent en Italie, contre Sky. De ce fait les matchs seront diffusés vers 13 h pour que les Chinois qui se passionnent de plus en plus pour le foot puissent les suivre en direct.

A gauche l’ouvrage de Pascal Boniface (mai 2018) après une première publication sur le Football stade ultime de la mondialisation (2012).

PSA se prépare à quitter l’Iran sous la pression des Etats-Unis

Le constructeur automobile PSA a annoncé lundi qu’il préparait son retrait d’Iran, son plus grand marché étranger en volume, devenant le deuxième grand groupe français après Total à se plier aux injonctions américaines.

(d’après Challenge 5 juin 2018)

Les souverainetés mises à l’épreuve

Les Etats-Unis vont sanctionner les entreprises qui participent à la construction du gazoduc Nord-Stream 2

Un excellent article de Joschka Fisher (en anglais) Reclaiming European Sovereignty  (31 juillet 2018)

La Hongrie se singularise

Depuis le début du “Marché Commun”, des pays africains, d’Asie et du Pacifique y ont été associés appelés ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Différentes séries d’accords ont été signés notamment les accords de Yaoundé, de Lomé ou de Cotonou. Il faut renouveler l’accord de Cotonou mais la Hongrie s’y oppose tant que le problème de l’immigration reste pendant !

L’Europe aux Nations-Unies

Mercredi 6 juin. L’Europe devrait européaniser sa présence au Conseil de Sécurité des Nations Unies avec une rotation d’une dizaine de membres exerçant le droit de veto de la France. C’est ce qu’a proposé Madame Merkel à une réunion des partis membres du PPE à Munich destinée à préparer les élections européennes de 2019. “Le monde est en train de changer” a-t-elle dit “et il faut en tenir compte”.

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Ursula von der Leyen

Une femme à la tête de la Commission

Finalement les députés ont validé la nomination de Ursula von der Leyen avec 9 voix d’avance sur la majorité requise. Au cours des débats de la journée on a pu observer qu’une bonne partie des votes négatifs n’avaient rien à voir avec les projets ou la personne de la candidate. Par exemple des parlementaires votaient non parce qu’une députée de leur pays n’avait pas été élue à la tête d’une commission parlementaire. On a failli avoir une majorité “type Westminster” où la coalition des “non” fait la loi

Espérons que la qualité des commissaires proposés par les Etats donnera une Commission recueillant une majorité plus solide.

 

Ursula von der Leyen
DOD photo by U.S. Air Force Staff Sgt. Jette Carr

A la veille du 14 juillet

Une bonne partie des socialistes allemands  ont voté contre l’investiture afin de faire éclater la GroKo. De leur côté, les socialistes français les ont suivis,  la candidate étant soutenue par Emmanuel Macron.

De son côté Jean Quatremer en profite pour “flinguer” une de ses têtes de Turc favorites : Martin Selmayr, secrétaire général de la Commission. Selon lui le secrétaire général déploie toute son habileté à faire échouer la candidate afin de promouvoir “son” candidat, le premier ministre croate Andrej Plenkovit. La veille du vote, le secrétaire général a annoncé son départ sachant que la nouvelle présidente de le conserverait pas.

Le Parlement européen avait pris le risque de ressembler à la Chambre des Communes : impossibilité d’élaborer une solution ou d’en approuver une, la seule majorité consistant à exclure une situation sans solution.

Lundi 15 juillet

La chancelière Angela Merkel a annoncé lundi  15 juillet que Ursula von der Leyen quittera le Ministère de la Défense le mercredi 17, quelle soit l’issue du vote du Parlement européen le 16 juillet. D’après la presse, les candidatures ne se bousculent pas pour diriger ce Ministère.

Les jeux nationaux

D’après un journaliste allemand, Angela Merkel savait depuis un an qu’Emmanuel Macron proposerait Ursula van der Leyen.

L’analyse de Jean Quatremer.

La vidéo ci-dessous expose le marathon entrepris par la candidate.

 

La nomination de Ursula von der Leyen suscite la colère à Berlin

Thomas Wieder (Le Monde) Une pro-européenne au bilan controversé en Allemagne

 

Paul Taylor dans Politico s’en prend vivement au comportement infantile visant à refuser l’investiture à Ursula von der Leyen. Il estime que le faute en incombe avant tout à la CDU/CSU qui n’a pas désigné un candidat défendable et dont le nom n’a figuré que sur les bulletins de vote allemands et s’était opposé à ce qu’il figurât sur des bulletins dans toute l’Europe.

Un sondage publié le 4 juillet montrait à quel point les avis étaient partagés, en fonction des préférences partisanes. (non réponses non décomptées).

On se rendait compte par exemple que chez les partisans du SPD, les avis négatifs se montaient à 62%. C’est aussi dans cette famille politique que les critiques contre la gestion de la ministre étaient les plus acerbes. Au printemps 2019, des articles de presse évoquaient une démission éventuelle. Le Ministre des Finances Olaf Scholz… du SPD. taillait le projet de son budget en pièces.  Sondage pour ou contre Ursula von der Leyen

Source : Infratest dimap/ARD

Qu est-elle et quel est son programme ?

Environnement

La taxe carbone aux frontières.   Inspiration d’Emmanuel Macron

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Margrethe Vestager

Le 2 juillet

Le Conseil européen a donc retenu la candidature de Ursula von der Leyen mais a proposé que Margrethe Vestager soit nommée vice-présidente de la Commission… attendons le 16 juillet pour le verdict du Parlement. Notons aussi que les Italiens souhaitent que le commissaire qu’ils vont proposer soit en charge de la concurrence… à suivre.

Mercredi 26 juin

La nouvelle première ministre danoise, la social-démocrate Mette Frederiksen a souhaité que Margrethe Vestager soit reconduite comme commissaire pour les cinq prochaines années. L’article de Politico qui fait part du soutien du nouveau gouvernement danois cite l’opinion de Donald Trump :

  “Vous avez une femme en Europe, je ne cite pas son nom, on parle d’elle pour succéder à Jean-Claude Juncker… elle exècre les Etats-Unis plus que toute autre personne que je n’ai jamais rencontrée. Ce qu’elle fait à notre pays, elle poursuit toutes nos sociétés”. 

Jeudi 20 juin

Lors de la réunion au sommet pour aborder le problème de l’affectation des postes dans les instances européennes, la présentation de Margrethe Vestager comme Spitzenkandidatin a été probablement fatale à sa candidature.

La presse internationale la voyait vainqueur de la compétition

Margrethe Vestager

Voir Le Moment de Vérité sur TF1 avec une reportage sur Magrethe Vestager

Mercredi 29 mai

D’après de nombreux articles de la presse internationale ce matin, je déduis qu’on a trouvé une bonne motivation pour consoler Manfred Weber : “il fallait que ce soit une femme”. Et ce sera nécessairement une femme pour qu’on n’ait pas à mettre en avant d’autres raisons.
Il paraît qu’Emmanuel Macron aurait déclaré qu’à la tête de la Commission il fallait une personne charismatique et un journaliste de Politico d’observer que ce n’était pas le qualificatif qui venait directement à l’esprit lorsqu’on parlait de Manfred Weber.
Le chef du gouvernement danois Lars Løkke Rasmussen, opposant en politique nationale à Margrethe Vestager, lui a apporté son plein soutien pour la présidence de la Commission, c’est un élément important.
De son côté la leader des Verts allemands Ska Keller a considéré que Magrethe Vestager était la Spitzenkandidatin de son groupe donc qu’il n’y avait pas contradiction entre le soutien à Margrethe Vestager et le principe du Spitzenkandidat…

Mardi 28 mai 2019

Dans une interview au quotidien économique allemand Handelsblatt, Margrethe Vestager affirme avec force sa candidature et conteste la légitimité de Manfred Weber en affirmant que les électeurs ont voulu aussi briser d’autres monopoles.

Le plus surprenant c’est le vote à distance exprimé par les lecteurs du Handelsblatt sollicités pour exprimer leurs préférence (8 h du matin) :

  • Manfred Weber 26%
  • Frans Timmermans 21%
  • Margrethe Vestager 36%
  • Un autre : 10%

Une longue interview sur Arte mais ce matin (28 mai) elle a dit en français “C’est magnifique” car ses vacances dans la maison du couple à l’île d’Oléron lui ont tout de même permis de faire quelques incursions dans notre langue. En la matière il faut dire que le champion c’est Frans Timmermans.

Le portrait de Margrethe Vestager sur le site du Point

Vendredi 18 mai 2019

Jamais les chances de devenir présidente de la prochaine Commission n’ont été aussi élevées pour la Danoise. Un article du Monde daté du 18 “Les nouvelles aventures de la Commissaire Margrethe Vestager” en fait une excellente présentation. Comme cet article a été rédigé avant que des dépêches laissent entendre que l’Allemagne serait opposée à la désignation de Michel Barnier, les chances de la commissaire à la concurrence sont décuplées.

Une Commission dirigée par elle aurait un tonus semblable à celle de Jacques Delors.

Née le 13 avril 1968 à  Glostrup (municipalité du département de Copenhague, dans l’est de l’île de Seeland). Ses parents étaient pasteurs luthériens. Mariée à un professeur de mathématiques, elle est mère de trois filles.

Suite à des études d’économie à l’université de Copenhague, elle entre au Ministère des Finances. Elle adhère au Parti social-libéral danois (RV).

Le 23 mars 1998, elle est nommée ministre de l’Éducation et ministre des Affaires ecclésiastiques, dans le gouvernement de centre gauche de Poul Nyrup Rasmussen. Elle perd ce dernier poste, à l’occasion d’un remaniement ministériel le 20 décembre 2000.

Février 2019 : Margreth Vestager, star de la Commission

Le 20 mars, elle a déclaré publiquement sa candidature à la tête de la Commission et a été nommée dans l”équipe Europe” constituée par ALDE.

A la Commission européenne

Présentée comme la « star de Bruxelles », elle est chargée de dossiers impliquant des géants mondiaux comme Starbucks, Google et Gazprom. Elle lance contre ce dernier une procédure pour non-respect de la législation sur les cartels et les abus de position dominante.

Se présentant comme centriste, ni dirigiste, ni libérale, elle lutte contre la « loi de la jungle » qui permet à de grands groupes internationaux d’échapper à l’impôt dans leur pays d’origine. Ils installent leurs sièges dans des paradis fiscaux et négocient des conditions fiscales spécifiques avec des petits pays. En conséquence, la presse internationale la présente comme « La femme qui fait trembler les grands » ou encore la « Dame de fer face aux Gafa ». Google, Apple, Gazprom, Amazon et autres.

La concurrence qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit.

Débat du 15 juin 2015 à l’Université Paris Dauphine avec Margrethe Vestager et le Ministre Emmanuel Macron.

Éloge de Margrethe Vestager par des économistes

Elie Cohen écrivait dans le Bulletin Telos du 2 septembre 2016, après la décision concernant Apple.

Il est rare d’avoir à célébrer, par les temps qui courent, l’utilité de l’Union Européenne, les vertus de la concurrence libre et non faussée, l’audace réformatrice de la Commission et le courage d’une commissaire… et pourtant c’est ce que la sanction de 13 milliards d’euros infligée à Apple pour aide d’État illégale nous invite à faire.

Enfin le courage d’une commissaire et la rigueur de son travail (trois ans d’enquête) ont permis de mettre en échec des armées de juristes et de lobbyistes des multinationales. S’attaquer à la première capitalisation mondiale avec près de 500 milliards d’euros, mettre en cause le travail d’armées de financiers, de juristes et oser braver les services fiscaux américains n’était pas chose facile, la commissaire Vestager et le président Juncker ont osé.

Le dossier Alstom-Siemens est analysé par Elie Cohen dans Telos. En refusant la fusion entre les deux groupes ferroviaires, la commissaire européenne s’est attirée les foudres des gouvernements français et allemand, plusieurs estiment qu’elle a ainsi ruiné ses chances d’accéder à la tête de la Commission.

Sa conférence de presse.

Son point de défense est que les Etats confient à la Commission le soin de mettre en oeuvre les traités. Or les traités posent les règles d’une politique de concurrence et ne confient pas à la Commission le soin de mettre en oeuvre une politique visant à créer des champions mondiaux. On entend les eurosceptiques en profiter pour attaquer la Commission en illustrant leurs propos par l’affirmation qu’aujourd’hui Airbus ne serait plus possible. Au total on reproche à la Commission de ne pas exercer un mandat qu’on ne lui a jamais confié.

Un groupe de 45 économistes européens analyse pourquoi  la Commission européenne  a eu raison de refuser la fusion. Les Echos du 12-02-2019

La presse et Margrethe Vestager

La mission de la commissaire

L’OBS : 10 choses à savoir sur Margrethe Vestager, la commissaire européenne cauchemar de Google

Si tous les commissaires étaient comme elle, l’Europe redeviendrait à coup sûr une idée populaire”.

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Hongrie article 7

 

L’alliance Orban Salvini : unis par les barbelés

Le rapprochement entre les deux dirigeants est de plus en plus étroit comme le montre ce compte rendu publié par Le Figaro du voyage de Matteo Salvini en Hongrie le 2 mai. Le dirigeant hongrois  a ensuite déclaré qu’il ne soutiendrait pas la candidature de Manfred Weber à la tête de la Commission, prenant le risque de transformer la suspension de l’appartenance au PPE en rupture définitive.

Matteo Salvini a profité de son voyage pour visiter une des réalisations de Viktor Orban : le mur anti-migrants. Laurent Wauquiez et ses candidats aux élections européennes vont-il maintenir leur soutien ?

 

La roue tourne

Article 7

article 7 - Viktor Orban
Plénière du Parlement européen sur la Hongrie en présence du Premier Linistre

Article 7. L’article 7 du traité UE vise à garantir que tous les pays de l’UE respectent les valeurs communes de celle-ci, y compris l’état de droit. Le mécanisme de prévention prévu par l’article 7 du traité UE ne peut être utilisé qu’en cas de «risque clair de violation grave», tandis que le mécanisme de sanction prévu à l’article 7, paragraphe 2, du traité UE ne peut être activé qu’en cas de «violation grave et persistante par un pays de l’UE» des valeurs énoncées à l’article 2.

Le mécanisme de prévention autorise le Conseil à alerter le pays de l’UE concerné avant que la «violation grave» n’ait eu lieu.

Le mécanisme de sanction autorise le Conseil à suspendre certains droits dérivant de l’application des traités de l’UE dans le pays concerné, y compris le droit de vote de ce pays au sein du Conseil. La «violation grave» doit, pour cela, avoir perduré.

Une diatribe historique au Parlement européen

Viktor Orbán, sa défense et ses défenseurs

Un exposé parfaitement serein de l’historienne hongroise Maria Schmidt :

« L’Union européenne veut briser notre identité au nom de la démocratie »

L’intellectuelle voit dans la démocratie libérale européenne une « tentative d’ingérence étrangère ». (Le Monde 1er août 2018)

Le vote du 12 septembre 2018

Le Parlement applaudit Judith Sargentini (Gauche Verte, Pays-Bas) dont le rapport a convaincu la majorité du Parlement Européen. Ce rapport ne concernait nullement la politique hongroise en matière de réfugiés mais les manquements à l’état de droit, par exemple l’élimination d’une université qui ne plaisait pas au pouvoir.

La Bulgarie vole au secours de Orban

Le vice premier ministre Krassimir Karakachanov  a déclaré  que la procédure de l’article 7 équivalait à l’invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie en 1968.  Tout en nuances !

Le vote des députés français.

Selfie de Nadine Morano avec Viktor Orban
Selfie de Nadine Morano avec Viktor Orban

On voté contre : tous les députés FN (Jean-Marie Le Pen était absent). Au PPE  la consigne était de voter pour le rapport condamnant la Hongrie mais trois   eurodéputés ont voté contre ce rapport sur l’état de droit en Hongrie :  Angélique Delahaye, Nadine Morano et Franck Proust (chef de la délégation LR au sein du PPE), suivant ainsi la position de Laurent Wauquiez. En effet pour le président des Républicains “Viktor Orban a toute sa place au sein du PPE

Se sont abstenus : Michèle Alliot-Marie, Arnaud Danjean, Rachida Dati, Geoffroy Didier, Brice Hortefeux, Philippe Juvin

N’ont pas participé au vote :  Renaud Muselier et Maurice Ponga

On retiendra en revanche, la prise de position parfaitement claire de Françoise Grossetête, vice-présidente du PPE pouf laquelle “rien ne justifie les multiples violations de l’état de droit”.

Article de l’Express : le vote sur Orban divise la droite française.

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Finances italiennes

Les finances publiques moteur de la chute ?

Le fameux spread

Luigi de Maio

On n’étrangle pas les Italiens pour faire plaisir aux agences de rating

C’est comme dire on ne va pas prendre des antibiotiques pour faire plaisir au thermomètre.

La nouvelle loi de finance se trouve face aux factures des promesses électorales des vainqueurs : revenu de citoyenneté, impôt proportionnel (flat tax) etc… l’ensemble est estimé à 400 milliards .

Vendredi 31 mai 2019

Les taux d’intérêt sur les bons italiens à 5 ans dépassent maintenant les taux de la Grèce.

Les épargnants italiens se rebiffent

Finances - Bons du résor
Bons du Trésor

Les 19 et 20 novembre, le gouvernement italien avait émis son quatorzième emprunt (Btp) à quatre ans, souscrit par les épargnants individuels. En effet les Italiens ont une épargne privée considérable et Matteo Salvini a déclaré à plusieurs reprises compter sur ces épargnants pour épauler la politique du gouvernement.

Hélas il n’en est rien. Au mois de mai dernier la souscription s’était montée à 3,2 milliards, en novembre elle est descendue à 722 millions c’est à dire à des niveaux de la crise financière de 2012. Ce n’est pas un complot de “Bruxelles” ou de la finance internationale mais l’expression d’un manque de confiance des citoyens italiens. Or au cours de l’année 2019, il faudra trouver une somme située entre 55 et 60 milliards, ce ne sont pas les investisseurs étrangers qui vont souscrire et le gouvernement va se trouver dans une situation impossible soit en offrant des taux dévastateurs soit en ayant recours à l’emprunt forcé, politiquement dangereux.

Luigi di Maio déclarait que ce n’étaient pas les marchés qui dictaient la politique du gouvernement mais le peuple, la réponse est évidente c’est bien le peuple mais par les marchés.

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Spitzenkandidat ? Spitzenkandidatin ?

Candidat – Candidate.

Ces mot allemands “candidat”/ “candidate” désignent maintenant, dans le vocabulaire européen courant, le nom du candidat ou de la candidate qu’une famille politique souhaite voir accéder à la présidence de la Commission. Le nom du candidat ou de la candidate peut figurer sur les bulletins de vote dans chacun des pays.

Les membres de la Commission peuvent devenir candidats de tête sans bien entendu, mettre les moyens de la Commission au service de leur campagne.

Au Parti populaire européen (PPE)

candidat weber
Manfred Weber (CSU)

Le PPE dont le groupe parlementaire est dirigé par Manfred Weber a fait ra connaître son choix  les 7 et 8 novembre à Helsinki par un vote de ses 758 délégués.  Manfred Weber a été élu sans surprise  contre Alexander Stubb avec 80% des suffrages. Depuis la fin du mois d’août,  Madame Merkel avait annoncé son soutien  à la candidature de Manfred Weber,  qui avait reçu également le soutien de Viktor Orban et de Laurent Wauquiez.

Bien avant  la réunion d’Helsinki, le Président du PPE, Joseph Daul,  a désigné dès l’été 2017,   un directeur de campagne en la personne de Dara Murphy, vice-président du parti. Cet Irlandais de 48 ans, ancien ministre des Affaires européennes de Dublin, a comme première mission d’établir une unité entre les visions européennes de la cinquantaine de partis membres du PPE… vaste programme.

Manfred Weber tend-t-il la main à Matteo Salvini ?

Point de vue extérieur

Dans un exposé très clair Ska Keller co-présidente du groupe Les Verts/ Alliance Libre Européenne présente bien la différence entre un Spitzenkandidat et un candidat recueillant la majorité des voix au PE.

Que pensez-vous de l’idée d’Emmanuel Macron de créer une nouvelle coalition progressiste pour les élections européennes ? Coalition qui va à l’encontre du processus de Spitzenkandidaten.

Cela ne va pas à l’encontre du système de Spitzenkandidaten. Si Manfred Weber devient le candidat favori du PPE, il tentera d’avoir une majorité au Parlement européen, mais pour l’instant je ne crois pas que ça arrivera. Surtout s’il vote contre le rapport sur la Hongrie, il aura du mal à convaincre des membres du centre gauche pour une quelconque coalition. Un candidat centriste qui est clair sur ses valeurs européennes aura donc beaucoup plus de chances. Manfred Weber ne sera pas président de la Commission européenne simplement parce qu’il sera la tête de liste du PPE. Pour devenir président de la Commission, il faut obtenir la majorité du Parlement. Et ça, Manfred Weber ne l’a pas.

Chez les socio-démocrates (S&D)

Frans Timmermans
Ec Audiovisual service

Lors d’une réunion du 4 juin 2018, à Bratislava, entre les sociaux démocrates  des quatre pays du groupe de Visegrad (Slovaquie, République tchèque, Hongrie, Pologne) ainsi que la Bulgarie, avait été proposé le nom de Maroš Šefčovič, Vice-président de la Commission, né à Bratislava. Suite à sa renonciation, le candidat du S&D  sera le Néerlandais Frans Timmermans Premier vice-président de l’actuelle Commission.

ALDE

Contrairement aux partis de gauche et de centre-droit, ALDE n’a pas adopté le système du Spitzenkandidat et a proposé une « équipe Europe ».

Cette équipe comprend :  la commissaire slovène Violeta Bulc , l’ancienne commissaire italienne Emma Bonino et l’Espagnol Luis Garicano. Les libéraux allemands (FDP) présentent leur tête de liste, Nicola Beer et la candidate hongroise Katalin Cseh fait également partie de l’équipe, confirmant ainsi l’engagement de l’ALDE de nommer des femmes à des postes haut placés.

Lors de la réunion du Conseil informel du 20 juin, Margrethe Vestager a été présentée à tort comme la Spitzenkandidatin des libéraux ce qui a nui à son succès.

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